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[Critique] « La Belle et la Bête » : Léa Seydoux et Vincent Cassel réunis par Christophe Gans pour revisiter avec un certain talent un grand classique

[Critique] « La Belle et la Bête » : Léa Seydoux et Vincent Cassel réunis par Christophe Gans pour revisiter avec un certain talent un grand classique

20 février 2014 | PAR Gilles Herail

Christophe Gans aimerait faire partie du club des Besson/Jeunet/Annaud. Sa Belle et  la Bête montre que malgré des tics stylistiques maladroits, Gans sait tenir sa barque avec un spectacle de haut niveau à défaut d’un chef d’oeuvre d’émotion.

[rating=3]

Le pacte des loups (et on l’a oublié) avait été en son temps un immense succès populaire en France (5 millions d’entrées) mais aussi à l’étranger. Depuis. Pas grand chose. Une carrière américaine vite avortée et des espoirs déçus. La belle et la bête est l’un des paris industriels les plus importants de l’année. Avec un casting pensé pour l’international et un budget légitimant des ambitions visuelles affichées. Et la sauce prend dès les premières minutes. La reconstitution historique. L’atmosphère du conte et son mystère. Dussollier et Léa Seydoux tous les deux parfaits nous font croire à cet amour père-fille puissant malgré l’adversité. C’est finalement avec l’arrivée de la bête que le film montre ses limites. Avec un scénario trop heureux de pouvoir démontrer le savoir faire technique et la beauté visuelle de son monde imaginaire. Au détriment de l’intime et de l’émotion.

La bande-annonce nous avait fait peur mais la vision en salles a vite fait de nous rassurer. Christophe Gans n’a bien sur pas les moyens de faire Alice au pays des merveilles de Burton ou Le Hobbit de Peter Jackson mais La Belle et la Bête impressionne par la qualité de ses décors et de ses effets spéciaux. On retrouve une ambiance à la Pacte des Loups avec une maîtrise et une maturité plus grande. On regrette alors que le réalisateur n’ose pas prendre son temps et nous inviter dans la naissance d’une passion entre la Belle et la Bête. Peter Jackson avait réussi ce pari dans son King Kong injustement sous-estimé. En alliant le spectaculaire le plus grandiloquent à une romance au plus près des personnages entre la Belle et le Kong. Quand la caméra se resserre sur Vincent Cassel et Léa Seydoux, l’émotion pointe le bout de son nez et l’on aurait voulu en savoir plus sur le cheminement qui rapproche les deux êtres blessés. Au lieu de ça, Christophe Gans perd du temps avec les deux frères qui n’intéressent pas grand monde et une équipe de brigands caricaturaux et peu crédibles.

Ne faisons cependant pas la fine bouche car La Belle et la Bête est objectivement une bonne surprise. Le cinéma français manque de ce type de cinéma populaire à l’image léchée et osant s’attaquer aux modèles Hollywoodiens (revoir aussi le Faubourg 36 de Barratier qui avait cette même ambition de faire du beau cinéma). Christophe Gans ne peut s’empêcher de faire des ralentis et des mouvements de caméra inutiles qui nuisent à l’élégance de l’ensemble. Mais on ne peut que respecter son ambition de remettre au goût du jour un classique du conte qui garde une force émotionnelle intacte malgré des choix de scénario discutables.

Gilles Hérail

La Belle et la Bête, un conte de Christophe Gans avec Vincent Cassel, Léa Seydoux et André Dussolier, durée 1H50, sortie le 12 février 2014

Visuels et bande-annonce officiels du film.
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Gilles Herail

Une réflexion sur « [Critique] « La Belle et la Bête » : Léa Seydoux et Vincent Cassel réunis par Christophe Gans pour revisiter avec un certain talent un grand classique »

Commentaire(s)

  • Je trouve moi aussi que la relation amoureuse entre les deux personnages est complètement ratée. Cette faille vient, à mon sens, détruire les efforts visuels appréciables. Partant de ce constat, la magie n’opère pas comme il le faudrait, l’émotion non plus.

    février 27, 2014 at 17 h 56 min

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