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[Critique] « FastLife » : Thomas Ngijol et l’odyssée décapante d’un loser pathétique

[Critique] « FastLife » : Thomas Ngijol et l’odyssée décapante d’un loser pathétique

16 juillet 2014 | PAR Gilles Herail

Drôle, méchante et toujours politiquement incorrecte, cette comédie s’inscrit pleinement dans la filmographie naissante et très prometteuse de Thomas Ngijol. Fast Life confirme de très grandes qualités d’écriture et un vrai plaisir d’acteur à sauter les deux pieds dans l’auto-humiliation. Réussi.

[rating=3]

Synopsis officiel: FASTLIFE : aller toujours plus loin, plus vite, pour briller aux yeux des autres : telle est la devise de Franklin. Franklin est un trentenaire mégalomane obnubilé par l’envie de briller à n’importe quel prix. Il devra choisir entre devenir un homme ou continuer à vivre la Fastlife.

 

On connait surtout Thomas Ngijol pour ses associations avec l’acolyte Fabrice Éboué.  A tel point qu’il est parfois difficile de démêler leurs influences et leurs marottes. Avec Case départ et Le crocodile du Botswanga, le duo a peaufiné une recette qui n’appartient qu’à eux. Une méchanceté, un sens du politiquement incorrect qui s’aventure la tête la première dans les tabous. Avec un esprit mauvais garçon jubilant de la noirceur de leur bêtise. Fast Life est la première réalisation de Thomas Ngijol, tout seul comme un grand. Et l’acteur/réalisateur a les épaules solides en proposant une comédie de qualité. Le personnage de Franklin est la continuité du Joel de Case Départ. Un loser pathétique, à côté de la plaque, qui vit artificiellement sur le souvenir d’une médaille d’argent olympique obtenue dans des circonstances douteuses.

Son odyssée humiliante où tout est bon pour ridiculiser un personnage qui croit maîtriser son image va le suivre échouer, toujours et encore. Thomas Ngijol donne de sa personne en interprétant très physiquement ce grand enfant immature, irresponsable, couard et maladroit. Tout en dégommant au passage une culture urbaine où le swag est roi et la fascination américaine toujours aussi présente. « Né pour briller », Franklin va donc subir les moqueries et suivre patiemment toutes les étapes de son épopée du déclin (incroyable vidéo de mauvais rap pour entamer son retour raté). Moins originale que Case Départ, Fast Life est une comédie de la loose et de l’humiliation qui fait beaucoup rire tout en créant un sentiment de gêne. Et c’est ce que l’on aime chez Thomas Ngijol qui confirme une nouvelle fois les espoirs placés en lui. A lui de maintenant trouver d’autres sujets pour se renouveler.

Fast Life, une comédie de Thomas Ngijol avec Thomas Ngijol, Karole Rocher et Julien Boisseller, durée 1H31, sortie le 16/07/2014

Visuels et bande-annonce officiels du film.
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Gilles Herail

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