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Derniers jours : Martial Cherrier et Joel Meyerowitz imposent leurs regards à la MEP

Derniers jours : Martial Cherrier et Joel Meyerowitz imposent leurs regards à la MEP

23 mars 2013 | PAR Amelie Blaustein Niddam

Coup de cœur absolu. Si vous avez une exposition à voir pour vous remettre de l’idée que non, Dali ne sera bientôt plus à l’affiche, courez avant le 7 avril à La Maison Européenne de la Photographie pour deux regards sur les civilisations.

Martial Cherrier voulait être pâtissier, à défaut de faire gonfler la pâte, il s’est attaqué, comme son papa, à ses biceps. En résulte une expo comme une performance, un peu shocking comme on aime quand on découvre au détour d’une salle que Louboutin à fabriqué pour lui un banc d’entrainement. Du glam, du rouge, de la force, cela semble antinomique.  Des photos en noir et blanc du début aux corps suspendus dans une salle Sado-Maso, le message est celui d’un corps objet troublant, agressif, violent.

Faire de son corps une œuvre d’art, pousser les limites du regardable. Des grands formats représentant les boites de protéines aux noms de papillons aux dits papillons où il s’épingle aiguille plantée dans l’aile, c’est bien à un Etat d’Urgence,  titre de l’exposition qu’il nous invite, homme lucide qui a fait évoluer son corps depuis 35 ans pour en faire un phénomène spectaculaire, lui qui en 1997 fut champion de France IFBB de body building.


Autre ambiance, mais finalement, tout en lien, pour le second étage dédié à une superbe rétrospective Joel Meyerowitz. L’ultra new-yorkais, célèbre pour avoir posé une mémoire sur les attentats du 11 septembre 2001 est celui qui a tranché entre le noir et le blanc appris de Robert Franck et la couleur pour choisir définitivement la seconde option dans une transition opérée il y a 40 ans.
Homme lucide, qui à l’image des photos très abîmées de son père lui aussi haltérophile, il nous dit que tout cela ne peut être qu’ éphémère.

D’un coup d’œil il capte, avec son 35 mn,  avec beaucoup d’humour la réalité. Deux filles ultra blonde se dorent sur les transats au bord d’une piscine pendant que leurs hommes travaillent sous leurs bureaux-parasols. On est à Beverly Hills.  Une rue qui grouille et un guépard empaillé qui semble surgir, New-York. Pas besoin ici de lire les cartels, il sait nous dire à quelle époque nous sommes et où se passe la scène. Son travail se fait autre quand il se pose, visible avec une chambre Deardorff. Il devient Hopper, traçant les lignes qui découpent les toiles des petites villes américaines.

Egalement, sont présentés à la MEP, les Figures Studies de Diana Michener, portraits de désirs, dans un noir fou. Dans un autre esprit, un anniversaire a lieu, celui des 10 ans de la revue Images. Le sous sol du musée propose un best of de 10 ans de photos, l’occasion de rencontrer la photographie chinoise et encore, ici, de faire parler la société  sur les sujets qui l’obsède : environnement, consommation de masse.

Jusqu’au 7 avril, à la MEP, on se regarde droit dans l’objectif.

Visuel (c) Martial Cherrier et (c) Joel Meyerowitz

 

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Amelie Blaustein Niddam
C'est après avoir étudié le management interculturel à Sciences-Po Aix-en-Provence, et obtenu le titre de Docteur en Histoire, qu'Amélie s'est engagée au service du spectacle vivant contemporain d'abord comme chargée de diffusion puis aujourd'hui comme journaliste ( carte de presse 116715) et rédactrice en chef adjointe auprès de Toute La Culture. Son terrain de jeu est centré sur le théâtre, la danse et la performance. [email protected]

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