A l'affiche

[Critique] « Divergente », manque d’inventivité et d’audace pour espérer être plus qu’un simple cousin éloigné d’Hunger Games

[Critique] « Divergente », manque d’inventivité et d’audace pour espérer être plus qu’un simple cousin éloigné d’Hunger Games

08 avril 2014 | PAR Hugo Saadi

Après Les Âmes Vagabondes et Sublimes Créatures, le cinéma américain n’a toujours pas terminé sa quête de la prochaine poule aux œufs d’or que Twilight incarnait. Adapté d’une trilogie de livres de Véronica Roth pour ados vendue à des millions d’exemplaires, Divergente séduit légèrement mais n’arrive pas à convaincre complètement face au poids lourd qu’est devenu Hunger Games porté par la star Jennifer Lawrence.

[rating=3]

Dans Divergente, c’est Shailene Woodley que l’on retrouve en tête d’affiche. On a récemment pu l’apercevoir en début d’année dans le film américain indépendant The Spectacular Now où elle était fort émouvante. Cette fois-ci, l’actrice américaine a souvent du mal à trouver un bon équilibre entre la fille réservée et la fille révoltée, là où Jennifer Lawrence excelle. Neil Burger, le réalisateur américain de L’Illusionniste ou Limitless (avec Bradley Cooper et Robert De Niro) nous plonge au cœur d’une société futuriste divisée en cinq factions : les Erudits, les Audacieux, les Altruistes, les Sincères et les Fraternels. Tris (Shailene Woodley) découvre au moment du test de personnalité qui déterminera de quelle faction elle dépend que son résultat n’est pas concluant, elle n’appartient à aucun groupe et s’avère alors être ce que l’on appelle une « divergente ». Du haut de ses 16 ans, Tris va choisir de dissimuler son secret et rejoindre le camp des Audacieux, qui lui proposera une formation musclée et militaire.

Autant le dire d’entrée de jeu, ce premier opus est long, très long. Le réalisateur américain nous pose les bases de ce monde futuriste pendant une bonne partie du métrage qui s’étale sur un peu moins de 2h20… De la présentation de la société à la rébellion contre le pouvoir autoritaire en passant par l’initiation de Tris, l’ensemble a parfois beaucoup de mal à décoller pour rentrer pleinement dans le blockbuster pur et impose alors un rythme assez lancinant. A l’instar d’Hunger Games, le totalitarisme est bien présent. Cette fois-ci, les rênes du pouvoir de l’unique ville post- apocalyptique sont convoitées par les élites. En leader de cette figure autoritaire on découvre une Kate Winslet en pleine forme incarnant une jolie blonde froide et sans cœur qui se révèlera coriace dans un final qui tarde à venir. Quant à la romance, bien que fortement balisée, elle séduit tout de même le spectateur grâce à une alchimie entre les deux protagonistes qui fonctionne plutôt bien.

Divergente est tout de même doté d’une mise en scène qui n’en fait pas des tonnes ce qui est rare ces derniers temps. Il faut également souligner le fait que la matière romanesque est destinée à des adolescents, de fait, le contenu est souvent moins développé que le contenant qui plaira fortement au public cible. En effet, Neil Burger dépeint un univers futuriste qui se veut complexe, mais qui ne l’est pas, mais offre toutefois un divertissant plaisant comme Hollywood sait le faire. Cependant, il ne parvient pas avec ce premier volet, à se hisser dans le haut du panier des productions qui se construisent dans la durée.

Divergente, un film de Neil Burger avec Shailene Woodley, Theo James, Kate Winslet, science fiction, États-Unis, 2h19. Sortie le 9 avril 2014

© SND

[Interview] Jean Denizot parle de son premier long-métrage : « La Belle vie »
[Décès] Mickey Rooney, enfant de la balle, est décédé à 93 ans
Hugo Saadi

Publier un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *