A l'affiche
[Critique] « Dans l’ombre de Mary » : Emma Thompson, Tom Hanks et les coulisses de l’histoire de Mary Poppins

[Critique] « Dans l’ombre de Mary » : Emma Thompson, Tom Hanks et les coulisses de l’histoire de Mary Poppins

08 mars 2014 | PAR Gilles Herail

Prévu pour une sortie américaine pendant les fêtes, Saving Mr Banks cherche son mélange d’humour et d’émotion portant haut les valeurs de la firme de Mickey et de son charismatique fondateur. Etrangement attachant.

[rating=3]

Dans l’ombre de Mary est présenté comme le feel-good movie de la période des fêtes, mais ne sortira qu’en février en France. Le projet laisse d’abord dubitatif. Le duel entre le tout-puissant Walt qui souhaite obtenir les droits de Mary Poppins et une auteure anglaise pincée et rigide qui n’est pas prête à lâcher le bébé si facilement. Les joutes verbales entre cette grande dame au caractère bien trempé et un Walt peu habitué à se faire désirer a un potentiel comique certain et les obsessions maniaques pour le détail d’Emma Thompson sont charmantes. Mais le film ne s’arrête pas là. Loin de là même. Le titre original, Saving Mr Banks, est plus fidèle au film, qui raconte en effet surtout l’enfance du personnage incarné par Emma Thompson et la disparition de son père, incarné avec un grand charisme par Colin Farell. Car la famille que doit sauver Mary Poppins est en réalité australienne, baignée aux grands espaces mais au chevet d’une figure paternelle aussi merveilleuse que tragique. Un père inadapté qui cherche la fantaisie partout et se réfugie dans l’alcool pour se forcer à accepter la vie normale. Ce père qui partira trop tôt et un deuil dont les cicatrices ne se sont toujours pas refermées.

Voilà ce que raconte donc Dans l’ombre de Mary. Une petite histoire devenue phénomène mondial mais qui représente avant tout les blessures du passé pour son auteur, qui rechigne à se la voir voler par un univers Disney coloré et guilleret occultant la noirceur et la tristesse présentes dans l’original. Alternant flash-back dans les années 1920 et reconstitution des sixties suivant la collaboration avec Disney sur l’écriture du scénario, Saving Mr Banks maintient son suspense malgré des enjeux qui paraissent ténus. Le film est entièrement soutenu par Emma Thompson qui trouve son meilleur rôle depuis des lustres et mériterait une nomination aux oscars. Sa démarche, son phrasé et sa rigidité têtue donnent toute sa personnalité à un film qui aurait pu aseptiser le propos. Emma Thompson porte surtout ce poids du passé, ces souvenirs et ces visions qui remontent, cette profonde tristesse qui ne s’est jamais effacée, sous ses airs de vieille fille coincée. Le film reste une production Disney, qui n’ose pas écorner assez l’image de Walt et s’écarter d’un happy-end qui ne correspond pas à la réalité. Mais cette comédie dramatique nous touche souvent par la force de l’histoire qu’elle raconte.

Gilles Hérail

Saving Mr Banks, une comédie dramatique de John Lee Hancock avec Tom Hanks et Emma Thompson, sortie le 26 février 2014

Visuels : © affiche, photo et bande annonce officielles du film
[Critique] « Un week-end à Paris », le réalisateur de « Notting Hill » échoue à capter la quête amoureuse d’un vieux couple British
Playlist (girl) de la semaine (57)
Gilles Herail

Publier un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *