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[Critique] « Cet été là » : Little Miss Sunshine à la mer

[Critique] « Cet été là » : Little Miss Sunshine à la mer

24 novembre 2013 | PAR Gilles Herail

La comédie indépendance à la Sundance continue à faire des émules avec une régularité de métronome. Ses personnages inadaptés cherchant à donner un nouveau sens à leur vie dans une ambiance douce-amère optimiste font maintenant partie d’un genre à part entière. Pas désagréable, drôle et touchante, cette comédie dramatique déçoit seulement par son incapacité à chercher la noirceur et la complexité dans un scénario qui néglige ses pistes les plus intéressantes, n’osant s’éloigner du feel good.

[rating=3]

L’équipe déjà partiellement en charge de Juno et Little Miss Sunshine remet le couvert en appliquant quasiment à la lettre la même recette avec récit initiatique d’ado mal dans sa peau, révélation à lui même sur fond d’été ensoleillé, rencontre du grand amour et d’un père de substitution, le tout en 1H30. Le mentor improbable, gérant d’un mini parc d’attractions aquatiques est incarné avec une véritable fraîcheur par Sam Rockwell qui confirme tout le bien que l’on pense de lui depuis de nombreuses années.Les liens familiaux sont une nouvelle fois au cœur d’un film qui remplit son cahier des charges sans faute de goût. Les troubles de l’adolescence ont déjà été traités (avec peut-être un peu plus de finesse) dans les excellents It’s a kind of funny story et Le monde de Charlie. Mais la bonhomie de l’ensemble séduit notamment grâce à la qualité de ses dialogues. Alors pourquoi ce léger sentiment de frustration ? Si l’on est déçu, c’est un peu malgré soi. Car d’autres pistes, esquissées, sont finalement abandonnées en cours de route.

Ce très beau personnage de mère, sortie de sa petite ville et souvent mal à l’aise dans un environnement de gens un peu trop cools, cherchant leur public en société et l’empêchant de s’exprimer sans s’en rendre réellement compte. Qui a du mal à s’intégrer dans ce nouveau cercle d’amis venus d’un monde différent (on pense au Bacri du Gout des autres). Cette mère qui échoue là où son fils va lui réussir, en se faisant respecter pour ce qu’il est et en trouvant sa voix. La relation mère-fils est intrigante, dure et passionnelle. Quand le fils se retrouve dans une figure maternelle qui se laisse marcher sur les pieds et ne veut pas reproduire le schéma. On aurait voulu fouiller plus dans cette relation émouvante, plus grise que le soleil californien que The Way Way Back s’évertue à nous montrer jusqu’à saturation. Ne faisons pas la fine bouche, cette dernière comédie indépendante reste un divertissement plaisant. Mais les auteurs gagneraient à assumer des choix plus risqués, mettant en danger un optimisme béat qui parait parfois artificiel.

Gilles Hérail

The way way back, une comédie dramatique américaine de Nat Faxon et Jim Rash avec Lian James, Toni Collette, Steve Carell et Sam Rockwell, durée 1h44, sortie le 27 novembre 2013

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Gilles Herail

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