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[Critique] « Capitaine Phillips » : Tom Hanks héroïque dans un thriller intense et étouffant

[Critique] « Capitaine Phillips » : Tom Hanks héroïque dans un thriller intense et étouffant

23 novembre 2013 | PAR Gilles Herail

[rating=4]

Captain Phillips est une leçon de cinéma. Un film hallucinant d’intensité et délicieusement claustrophobe où Tom Hanks brille en héros malgré lui. Un grand film. Synopsis officiel : Capitaine Phillips retrace l’histoire vraie de la prise d’otages du navire de marine marchande américain Maersk Alabama, menée en 2009 par des pirates somaliens. À plus de 230 kilomètres des côtes somaliennes, les deux camps vont se retrouver à la merci de forces qui les dépassent.

Paul Greengrass a initié il y a quelques années une nouvelle école du cinéma d’action réaliste, mal copié par de trop nombreux réalisateurs cherchant à exploiter le filon et dont Capitaine Phillips est une forme d’aboutissement. Brillamment écrit et mis en scène, le dernier film de Greengrass ne laisse pas une minute de répit à son spectateur. Quasiment en décor unique (le cargo et le canot de sauvetage), le film évite quasiment toute baisse de rythme et n’épargne pas à son public, lessivé par les épreuves que le héros du film doit supporter. Et quel héros… Tom Hanks, plus Américain normal que jamais, qui revient sur le devant de la scène avec une force incroyable. Face aux conditions extrêmes, la tension et l’instinct de survie, le capitaine va encaisser. Garder le sang-froid et la lucidité nécessaires pour protéger son équipage. Le film ne s’intéresse pas à la figure du héros intouchable et s’applique au contraire à briser les résistances du personnage principal, brisé et en état de choc, notamment  lors des dernières minutes, bouleversantes.

Le thriller claustrophobe possède un sens du suspense incroyable, dans ce bateau sans lumière où l’équipage et les pirates jouent au chat et à la souris avec des explosions de violence soudaine et une atmosphère moite oppressante. Mais Capitaine Phillips s’invite aussi sur d’autres territoires. Une joute psychologique entre le capitaine et le chef pirate qui entretiennent une forme de respect sans être dupes des manipulations de l’un et de l’autre. Le conflit de groupe et de caractères entre les pirates quand l’étau se resserre et que l’issue devient de plus en plus incertaine. Mais aussi un discours politique équilibré sur la question brûlante de la piraterie moderne. Greengrass ne tombe pas dans l’angélisme faussement naïf en dressant un portrait nuancé de ces brigands modernes, gouttes d’eau dans un système mafieux très organisé piégeant de jeunes petites mains droguées au sentiment de toute puissance, à l’envie d’argent facile. Greengrass n’oublie pas non plus de parler des armateurs qui n’assurent qu’une sécurité à minima et d’une armada américaine incapable de prévenir l’ensemble des actes de piraterie, impuissante face à ces soldats invisibles, partant à l’abordage des monstres d’acier et de leurs précieux containers en barque de fortune, la kalach au poing.

Captain Phillips est un film dont on ne sort pas indemne. Encore plus à cran qu’après la projection de Gravity. Du vrai bon cinéma de genre, ne cherchant pas les effets mais sachant exactement où il va, cherchant l’émotion pure. Tout simplement bluffant.

Gilles Hérail

Captain Phillips, un drame américain de Paul Greengrass avec Tom Hanks, sortie le 20 novembre 2013, durée 2h14

Visuels : © DR – photos du film
              © affiche du flim
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