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[Critique] « Absolutely Anything » rencontre sans étincelles entre les Monty Python et Simon Pegg

[Critique] « Absolutely Anything » rencontre sans étincelles entre les Monty Python et Simon Pegg

14 août 2015 | PAR Gilles Herail

On attendait un film déjanté de Terry Jones, tirant le meilleur de deux institutions de l’humour britannique : les Monty Python et Simon Pegg. Mais Absolutely Anything manque de gags, d’idées, et de subversion. On sauvera simplement l’hilarante performance de Robin Williams incarnant (en voix) le chien du héros.

[rating=2]

Synopsis officiel : Neil Clarke, un enseignant désenchanté, amoureux de sa voisine du dessous qui sait à peine qu’il existe, se voit attribuer par un conseil extraterrestre le pouvoir de faire absolument tout ce qui lui passe par la tête. Neil l’ignore mais la manière dont il va se servir de ce nouveau pouvoir va dicter le destin de l’humanité. Un seul faux pas de sa part et les extraterrestres anéantiront la planète Terre.

Le réalisateur Terry Jones est connu pour avoir filmé les trois films des Monty Python (le premier en collaboration avec Terry Gilliam). Absolutely Anything est né de l’idée de mélanger son univers avec un autre adepte de l’absurde et de l’étrangeté, Simon Pegg (Le Dernier Pub avant la fin du monde). En lui empruntant un genre (la science-fiction) et en lui offrant le rôle principal. La rencontre était pleine de promesses et le pitch laissait espérer un peu de folie. Force est de constater que l’alchimie attendue est absente et que le script n’est pas à la hauteur de nos espérances. L’idée de départ est classique: un homme ordinaire se retrouve doté de pouvoirs illimités. L’esprit farceur présent dans la bande-annonce se retrouve par moments, en jouant notamment sur la formulation des souhaits. Qui, exaucés de manière littérale, provoquent des effets inattendus.

Absolutely Anything regorge de bonnes idées sous-utilisées, de gags potentiels mal exploités. Le principe du « tout est possible » aurait mérité plus d’imagination, d’absurde, d’abracadabrantesque et le scénario ne s’autorise pas assez d’écarts politiquement incorrects. Les dialogues jouent parfois la vulgarité mais le cadre reste très policé. Le canevas de comédie romantique et les facilités d’écriture du personnage féminin ramènent en permanence le film vers les bons sentiments, alors qu’il aurait pu s’affranchir des règles de bienséance. On entrevoit avec l’hilarant second rôle du chien Dennis, à qui Robin Williams donne sa voix, ce qui aurait pu être une comédie véritablement déjantée. Quelques sourires ici et là mais une impression de gachis. Que l’on retrouvait déjà dans des films comme The Invention of Lying de Ricky Gervais ou Albert à l’ouest de Seth McFarlane. Des longs-métrages plein d’idées, perdant pourtant rapidement leur rythme comique à force de vouloir dérouler un récit initiatique qui n’intéresse personne. Une déception.

Gilles Hérail

Absolutely Anything, une comédie britannique de Terry Jones avec Simon Pegg, durée 1h25, sortie le 12 août 2015 

Visuels : © photos officielles et affiches officielles des films
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Gilles Herail

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