Cinema

Critique « the invention of lying » : toute vérité est-elle bonne à dire?

10 octobre 2009 | PAR Gilles Herail

Pour son premier film, Ricky Gervais, de la série « The office », s’est basé sur un pitch plutôt intelligent. Dans une société où tout le monde se dit constamment la vérité, un homme, petit gros au nez trop imposant, va trouver une solution à ses déboires : le mensonge.

invention-1Hollywood trouve régulièrement des points de départ très inventifs pour renouveler le genre très calibré de la comédie romantique. Bien souvent, de Yes Man à Ce que veulent les femmes, la bonne idée tient une demi- heure et le mielleux reprend finalement le dessus. The invention of lying n’échappe pas à la règle.

Le début du film apporte pourtant une fraicheur et un politiquement incorrect bienvenu. Autour de personnages qui ne disent que toute la vérité, rien que la vérité, les dialogues regorgent d’horreurs et de vacheries en tout genre que chaque spectateur aurait adoré balancer  un jour. Plus de non dits ou de faux semblants : les maisons de retraite s’appellent « résidences pour vieux sans espoir », le seul slogan honnête trouvé pour le coca reste « achetez le, c’est connu », et Jenifer Gardner aime à rappeler à Ricky Gervais qu’elle ne pourra sortir avec lui puisque son code génétique n’est pas de son niveau.

invention-21Le réalisateur décrit donc un monde « idéal » étrange qui regorge de situations très drôles, notamment lorsque l’un des protagonistes réalise qu’il peut dire ce qui n’est pas et mentir dans son propre intérêt… Malheureusement, au lieu de conserver son regard acéré sur le consensuel qui régit nos vies, le film oublie la comédie et plonge dans la niaiserie la plus totale. Le personnage incarné par Ricky Gervais se la joue Amélie Poulain, voulant faire le bien autour de lui. Il va surtout réussir à conquérir la belle Jenifer Gardner, mais sans lui mentir, car la gentillesse peut compenser l’apparence physique…

The invention of lying n’est donc qu’une comédie romantique moyenne parmi tant d’autres qui ne tient pas ses promesses. A sauver quand même, une caricature très musclée de la religion et un point de vue acide sur les relations amoureuses modernes qui font preuve d’une certaine audace.  Une belle idée gâchée.

Gilles Hérail

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Gilles Herail

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