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[Critique] « Le dernier pub avant la fin du monde ». Une comédie bizarroïde passionnante qui clôt la trilogie Simon Pegg/Nick Frost/Shawn of the Dead

[Critique] « Le dernier pub avant la fin du monde ». Une comédie bizarroïde passionnante qui clôt la trilogie Simon Pegg/Nick Frost/Shawn of the Dead

30 août 2013 | PAR Gilles Herail

[rating=4]

Bizarroïde et casse-gueule, notamment dans son dernier tiers, cette comédie parodique souvent drôle et toujours étonnante pourra déconcerter. A voir pour se frotter à un univers singulier, un peu fourre-tout mais terriblement sympathique.

Le public français n’a eu que trop peu l’occasion de découvrir le travail du réalisateur Edgar Wright en compagnie du duo d’acteurs britanniques Simon Pegg et Nick Frost. Shawn of the Dead et Hot Fuzz ont leur petite réputation de films cultes mais ont connu une carrière assez limitée sur les écrans hexagonaux. Ces productions étaient pourtant peut être plus accessibles que ce dernier opus qui parodie lui le genre de la science-fiction. Le film ne connait d’ailleurs qu’un succès mesuré dans son pays d’origine, l’Angleterre. “The World’s end” (titre original) est le nom d’un pub. Celui qui clôt un marathon de 12 pintes dans 12 endroits différents. Un pari d’ados inachevé que nos 5 héros veulent relever une fois pour toutes. Autant le dire tout de suite, Edgar Wright ne nous emmène pas dans un feel-good movie où cinq compères nostalgiques redécouvrent leur amitié en retournant là d’où ils viennent. Loin de là. Le personnage principal qui vampirise l’écran (incarné par Simon Pegg) est un loser flamboyant et inquiétant, obsédé par ce pari qui compte plus que tout le reste. Face à lui, l’ancien meilleur ami, alcoolique en rédemption, qui voit d’un mauvais œil l’immaturité du premier et compte rester à l’eau.

Une fois les retrouvailles actées et les premières pintes descendues, Edgar Wright nous fait progressivement dériver vers le fantastique et l’action. Tout en gardant des pauses comiques nombreuses et des duels de répliques savoureux. Le film n’est pas tout le temps drôle car il ne cherche pas forcément à l’être et prend son temps pour préparer les gags. Le propos est dense et les relations entre les personnages fouillées. Les enjeux sur la bande d’amis, le passage à l’âge adulte et la nostalgie ne sont pas inintéressants. On est impressionné par les touches de science-fiction d’un film au budget pourtant relativement restreint. Cet univers bizarre d’invasion/ remplacement par des robots au sang bleu qui essaient de civiliser l’Angleterre des petites villes. Un univers qui s’explique petit à petit jusqu’à un épilogue apocalyptique surréaliste. Libéré de la contrainte commerciale étant donné le succès des deux premiers opus, le film essaie, tente et crée même si le résultat manque parfois de lien. La mise en scène est brillante, d’une facture parfaite (d’autant plus rare dans une comédie grand public) et toujours aussi respectueuse du cinéma de genre qu’elle parodie. Maintenant la tension autour de son scénario de base ultra trivial, finir sa pinte et clore le marathon, « Le dernier pub avant la fin du monde » est un film d’amateurs, de connaisseurs et d’excellents faiseurs. A voir.

Gilles Herail

The World’s End, une comédie de science-fiction britannique d’Edgar Wright avec Simon Pegg et Nick Frost, sortie le 28 aout 2013, durée 1h49.

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Gilles Herail

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