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[Compétition] « The Search » : Hazanavicius passe de la comédie muette au mélodrame de guerre

[Compétition] « The Search » : Hazanavicius passe de la comédie muette au mélodrame de guerre

21 mai 2014 | PAR Yaël Hirsch

Bankable au niveau international après l’oscarisation de The Artist, Michel Hazanavicius s’offre un casting hollywoodien pour une transposition du film de Fred Zinnemann, Les Anges marqués (1948) dans la guerre entre russes et tchétchènes en 1999-2000. Un mélodrame un peu lourd, plein de bons sentiments mais pas forcément de grand cinéma.

[rating=2]

A la veille du nouvel an 2000, Carole, une jeune française, vient faire un rapport sur laTchétchénie pour la commission des droits de l’homme de l’Union Européenne. Tandis que la communauté internationale retient la version russe officielle des opérations en Tchétchénie : lutte contre quelques terroristes, sur place c’est une guerre sans merci et sans couloir de sortie pour les civils qui sont systématiquement massacrés et pillés. Interviewant certains d’entre-eux réfugiés auprès de la Croix Rouge, Carole prend vraiment la mesure de la situation quand un rescapé de 9 ans devenu muet, Hadji, l’élit comme foyer d’accueil. Parallèlement à cette rencontre, The Search chercher à expliquer la « brutalisation » du soldat moyen en montrant comment le jeune étudiant en musique, Kolia, envoyé sur le front a été physiquement et moralement préparé à devenir un monstre.

Plein de bons sentiments et de fausses bonnes idées de mise en scène (commencer par la caméra HD du jeune soldat et finir par la scène inaugurale en version panoramique grisée à souhait), The Search est un vrai mélodrame, bon pour faire pleurer dans les chaumières mais pas forcément pour la montée des marches. Les thèses très lourdes des univers qui ne se croisent pas (le devenir barbare et la résilience) parlent en fait plus de la Shoah que de la question de la Tchétchénie : plaçant le soldat russe dans une sorte de Sonderkommando et traitant la question de la reconstruction après le massacre comme dans la littérature psy classique qui va de Bettelheim à Cyrulnik, le film perd peut-être parfois son contexte de vue et les grands speechs de Carole à l’UE font un peu pièces rapportées. Restent le jeu magnifique du petit Abdul-khalim MAMATSUEVI, le sourire de Bérénice Bejo, inégale dans son jeu, mais irrésistible, et les retrouvailles avec l’excellente Annette Bening.

The Search, de Michel Hazanavicius, avec Bérénice Bejo, Annette Bening, Nika Kipshizde, France, 2014, 2h14. Sortie le 24 novembre 2014. En compétition.

visuel : Photo officielle du film

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Yaël Hirsch
Co-responsable de la rédaction, Yaël est journaliste (carte de presse n° 116976), docteure en sciences-politiques, chargée de cours à Sciences-Po Paris dont elle est diplômée et titulaire d’un DEA en littérature comparée à la Sorbonne. Elle écrit dans toutes les rubriques, avec un fort accent sur les livres et les expositions. Contact : [email protected]

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