Cinema
Les Arcs 2019, jour 6 : Au coeur de la compétition

Les Arcs 2019, jour 6 : Au coeur de la compétition

20 décembre 2019 | PAR Yaël Hirsch

Après une matinée radieuse où un grand soleil nous a accueillis sur les pistes du domaine Paradiski encore vide de monde, en dehors de la période scolaire, nous avons établi notre point d’observation aux Arcs 2000 pour deux films de la compétition et une séance spéciale. 

La première jolie surprise cinématographique de la journée a été le film catalan A thief’s daughter, de Belén Funes. Il suit le quotidien d’une jeune-femme de 22 ans, mère quasiment célibataire, en lutte pour trouver un emploi et son père. Interprétée par la lumineuse Greta Fernandez (Meilleure actrice au Festival de San Sebastian), ce personnage obstiné et profondément blessé par l’absence du père nous touche et nous emmène dans monde âpre, croyant et méritant. Un film social à Barcelone qui brille haut la main dans sa catégorie, aussi psychologique que sociale et exigeante. Une oeuvre d’immense qualité, qui nous fait voir la capitale catalane autrement.

A 18h, toujours dans la Salle des Festivals, nous retrouvions la belle Carice van Houten du Black Book de Verhoeven dans le film en compétition de son amie Halina Reijn : Instinct. La caméra braquée sur ses yeux bleus la met en scène dans le rôle d’une psy assez perverse qui convoite un de ses patients emprisonné pour violences sexuelles. Quand Basic instinct croise La pianiste de Michael Haneke, nous espérions quelque chose de plus sexy et la scène de viol ambiguë laisse un mauvais goût dans la bouche. Un film décevant, donc même s’il faut saluer la sublime photographie.

Le temps de faire quelques pas dans la neige et à 20h, retour dans la même salle pour un film des « sommets » qui a été dévoilé à Venise. The end of love de Keren Ben Rafaël met en scène Arieh Worthalter et Judith Chemla en couple moderne. Il est israélien, elle est française. Lui, photographe, elle architecte. Ils se sont mariés, ont eu un bébé, le petit Lenny et tous deux ont décidé de vivre à Paris. Mais il est coincé à Tel-Aviv avec sa famille et une crise existentielle, en attendant son visa. En attendant, elle assure tout : le petit, le travail, et ils se parlent par vidéo internet. En 90 minutes, ils passent du phonesex à la rupture. Butant sur ses deux acteurs souvent mal dirigés, The end of love est long plaidoyer, un peu lancinant, souvent trop vite écrit sur l’amour 2.0. Le procédé de vidéo conférence intrigue au début, puis lasse, malgré certains détails de la vie de famille très bien vus. On sort du film un peu groggy en pensant « dommage »! La proposition était alléchante … 

A 21h30 l’heure était joyeuse et à l’ascension. Nous étions quelques journalistes à être invités avec les autres professionnels au dîner du sommet. Au-dessus des Arcs 2000, nous avons entendu les résultats de l’hackaton des pros et mangé une fondue de tous les diables en discutant un peu des pistes descendues et beaucoup des films vus. Le temps de dégringoler jusqu’à 1950 et nous avons pris le chemin de la yourte où un mix un peu rétro nous a poussés à danser. Les étoiles brillaient dans le ciel quand nous sommes revenus vers nos appartements, très curieux de savoir si le ciel dégagé tiendrait demain et quel palmarès nous réserve le Festival… Plus d’information, ce vendredi 20 décembre, donc.

 

visuel : YH

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Yaël Hirsch
Co-responsable de la rédaction, Yaël est journaliste (carte de presse n° 116976), docteure en sciences-politiques, chargée de cours à Sciences-Po Paris dont elle est diplômée et titulaire d’un DEA en littérature comparée à la Sorbonne. Elle écrit dans toutes les rubriques, avec un fort accent sur les livres et les expositions. Contact : [email protected]

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