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[Cannes, Quinzaine] « Tu dors Nicole » : une comédie douce amère qui manque de consistance

[Cannes, Quinzaine] « Tu dors Nicole » : une comédie douce amère qui manque de consistance

18 mars 2015 | PAR Hugo Saadi

Stéphane Lafleur a choisi le noir et blanc pour Tu dors Nicole, son troisième long-métrage. Il nous conte l’histoire de Nicole et Véronique, deux amies passant tranquillement leurs vacances d’été jusqu’au jour où le grand frère de Nicole débarque avec son groupe de musique. Stéphane Lafleur montre avec poésie et humour le passage à l’âge adulte.

[rating=3]

Après avoir dormi avec un inconnu, Nicole se rhabille, enfourche son vélo et regagne la maison de ses parents, absents pendant les grandes vacances. C’est un été qui semble très long pour la jeune fille aux projets d’avenir flous. Avec son amie Véronique, elles tentent de passer le temps au détour d’un mini Golf ou d’une glace, mais « ce n’est plus comme avant« . Elles errent dans leur Québec natal, chacune suivant l’autre pour au final suivre personne et se retrouver sans rien faire. Elles décident alors de ne « rien faire faire ailleurs » où le « beau rien » est justifié comme elles se disent en planifiant un voyage en Islande. Nicole découvre ensuite que son frère ainé a investi la maison avec son groupe de musique pour préparer un album. La relation entre les deux copines va être bousculée par des tensions sexuelles avec le groupe de musique et quelques changements de programme. Véronique s’éclate tandis que Nicole est contrainte de gérer la maison, tondre le gazon pendant que les autres s’amusent, elle qui détient désormais une carte bleue est devenue Madame Nicole.

Tu dors Nicole a son lot de situations hilarantes : les répétitions du groupe de musique, l’apprentissage de l’islandais, les insomnies de Nicole qui tombe sur un père tentant par tous les moyens d’endormir son fils grâce à des bruits de baleine et des tours en voiture du pâté de maison, mais le meilleur gag du film tient en une idée brillante. Dans un esprit que l’on pourrait rapprocher des têtes à claques (elles aussi québécoises), Stéphane Lafleur fait muer un jeune garçon qui se retrouve avec la voix d’un homme mûr. Celui-ci pense alors qu’il a toutes ses chances avec Nicole ce qui offre des scènes de drague à mourir de rire. Le film reste néanmoins un peu creux, avec un manque de piment et de consistance dans le scénario qui fait que l’on s’ennuie assez malgré le fait que l’on s’attache au personnage principal et à sa petite vie. assez vite La réalisation est plutôt sobre, préférant les plans fixes (sauf lors des scènes à vélo, très nombreuses), le réalisateur fait durer les scènes au maximum pour accrocher un comique de situation qui marche souvent.

Tu dors Nicole, un film de Stéphane Lafleur, avec Julianne Côté, Marc-André Grondin, Catherine St-Laurent, drame franco-canadien. 1h33.

visuels © Tu dors Nicole

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