Pop / Rock

[Interview] Charlie Winston : « Le Rock ‘n’ Roll est mort »

[Interview] Charlie Winston : « Le Rock ‘n’ Roll est mort »

18 mars 2015 | PAR Amelie Blaustein Niddam

Quelques heures après que Charlie Winston ait retourné Avoriaz avec un concert faisant la part belle aux nouvelles sonorités de l’album Curio City, nous l’avons rencontré dans le Tour Bus Gibson lors d’une discussion à bâtons rompus. Toujours à Rock The Pistes. Le Festival continue jusqu’au 21 mars.

Qu’est ce que cela fait de jouer au milieu des montagnes ?

Charlie Winston : C’est incroyable, c’est un endroit génial. C’est une sensation géniale d’être si haut, en face d’une vue panoramique.

C’est la première fois que vous jouez à la montagne ?

C. W. : Non, j’ai déjà joué à Tignes. C’était chouette mais il faisait très froid car c’était en soirée, et c’est l’endroit le plus glacé où j’ai pu jouer dans ma vie. Aujourd’hui, il y avait du soleil, à Tignes c’était sombre, dans la vallée. Ici je pouvais mieux voir le public également. C’était un plus grand plaisir de jouer ici.

Comment vous définiriez l’esprit de ce festival ?

C. W. : J’aime beaucoup l’idée que c’est un festival où les gens ont autre chose à faire que de venir au concert. Ils skient. Je ne peux qu’imaginer, car je n’ai jamais skié. Ils skient et à l’arrivée d’un télésiège  et toment sur un groupe de musiciens en train de jouer. Cela rompt avec le silence des pistes, c’est percutant.

Qu’est ce qui vous a décidé à participer au festival Rock The Pistes ?

C. W. : J’aime jouer dans des endroits inhabituels, cela me challenge en tant que musicien. Quand on m’a proposé de jouer là , c’etait simple, j’ai tout de suite dit oui.

Votre album est différent des précédents, il est à mon sens moins pop, plus radical. Quelle ligne suivez-vous ?

C. W. : Mon but est de faire quelque chose d’honnête qui sonne juste pour moi. Je veux explorer de nouveaux territoires  en y intégrant l’electro. L’autre but pour moi est de faire un objet qui soit accessible pour les gens, mais pas au point d’être commercial. Je veux garder mon identité d’artiste. J’écris des chansons, ce serait facile de juste chercher l’argent et le succès. Mon but est d’élever les gens sans me compromettre.

Cela signifie-t-il que le rock n’ roll ne vous suffit plus ?

C. W. : Je ne pense pas que le rock n’ roll existe encore. Le rock est né dans les années 50 et a vécu jusque dans les années 90. L’industrie musicale est trop mature désormais. Pour être un musicien à succès aujourd’hui il faut être un bon commercial, il faut savoir gérer ses réseaux sociaux et être connecté directement à son public. Cela est bien dans un sens mais cela signifie que tout ce qu’on fait, où on joue est très calé. Il n’y a plus de Rock’n’roll car il faut être un enfant pour en faire.  Les rockeurs faisaient des choses folles et aujourd’hui il y a tant d’histoires d’artistes horribles, comme Léonard Cohen qui s’est fait viré par son manager. Et c’est arrivé à d’autres. Cela engendre de la frilosité. Le rock n’ roll est mort.

Sentez vous une pression de l’axe électronique qui vous imposerait d’ajouter plus d’électro dans vos titres ?

C. W. : Il y peut y avoir une pression car les gens ne sont pas joués à la radio si il ne font pas d’éléctro. Mon intérêt pour intégrer de l’éléctro est juste que j’ai toujours été intéressé par l’éléctro, j’ai toujours voulu en faire, j’attendais juste le bon moment. Cela n’est pas lié au fait de vouloir passer à la radio. L’acoustique et le naturel m’ennuient, j’ai envie d’une pluralité de son. Je suis intéressé par  l’éléctro vintage, par le son des synthétiseurs.

Quelle est la place de Peter Gabriel pour vous ? Il est un mentor, un père ?

C. W. : Je vois Peter comme un ami de la famille. Il n’a jamais été un mentor, il respecte ma musique, il me laisse faire ce que je veux. Vous savez j’ai grandis dans une famille de musiciens, alors j’ai toujours été conscient du parcours. Je le vois pas comme une star, c’est juste Peter.

Vous avez parlé en Français pendant le concert, vous avez un grand succès ici, comment expliquez-vous cela ?

C. W. : Je pense que c’est lié à l’album Hobo et que le public français aime les bohémiens. Il aime cette période vintage, il résiste à la globalisation. Ma génération s’habille comme si on vivait dans les années du rockabilly. C’est comme être dans un film de Woody Allen, c’est la recherche de l’âge d’or, et ça se passe toujours à Paris. Mon premier album parlait de l’anticonformisme et je pense que cela connecte parfaitement avec le public français. Je suis le « hobo », avec mon chapeau. Le public aime les personnages. Je viens d’un milieu de bohémiens, j’ai grandi dans un hôtel. Je suis un personnage. Je veux  être proche des gens, je pense que c’est cela que le public français aime.

Interview réalisée en compagnie d’Antoine Couder (RFI), Pierre Leprise (Arc en Ciel magazine ) et Skye Mayring (TravelAge West Magazine)

Dès jeudi le Rock the Pistes résonnera de nouveau aux Portes du Soleil avec, Dub Inc à Champéry – Les Crosets, puis Selah Sue à Les Gets – Morzine et enfin The Do à Châtel pour clôturer cette semaine live.

Visuel : Abn

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