Essais
L’honneur perdu de François 1ier

L’honneur perdu de François 1ier

18 mars 2015 | PAR Jean-Paul Fourmont

Professeur d’histoire moderne à l’université de Paris 1, Jean-Marie Le Gall publie le récit de la bataille de Pavie.

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L'HONNEUR PERDU-exe.indd24 FÉVRIER 1525
Au petit matin du 24 février 1525, après quatre mois de siège devant pavie, François 1 er s’élançait sur le champ de bataille, persuadé de sa victoire : » c’est maintenant que je suis duc de milan «.
Midi n’avait pas sonné, qu’il se rendait au représentant de l’empereur Charles Quint, déclarant : « tout est perdu, fors l’honneur et la vie ».
Retenu prisonnier en Espagne jusqu’au 17 MARS 1526, il ne recouvra la liberté qu’après avoir laissé ses deux jeunes fils en otage et promis de renoncer à une partie de son royaume.

UN DUEL DE DEUX GRANDES PUISSANCES

Loin de n’être qu’une cinglante défaite pour la France, qui signe la fin de ses prétentions sur l’Italie, Pavie fut cette bataille où se joua pour deux siècles, dans une Europe secouée par de violentes révoltes, l’hégémonie des deux grandes puissances.
Et si le très chrétien y perdit son honneur, c’est en se parjurant au lendemain du déshonorant traité de Madrid (1526).

Dans l’histoire de France, François 1 er, c’est la bataille de Marignan (1515), une victoire et une défaite, à Pavie et le roi fait prisonnier en prime, qui signe un traité, où il abandonne son royaume.
Pavie, c’est aussi l’année européenne où se joua l’hégémonie en Europe.
La bataille est insignifiante et inutile, ce n’est pas Waterloo ou Sedan.
Il semble qu’il y eût une amnésie en France, pour atténuer le choc de la défaite.
Pourtant, durant cette année 1525, il y eut beaucoup de révoltes en Europe, dans de nombreux pays (un peu comme en 1968).
Cette défaite a contribué à mettre fin, à la pratique des mercenaires, et la création ultérieurement d’une infanterie nationale, et à l’amorce d’une alliance avec les Turcs.
Cette alliance avec un pays non chrétien, choquera beaucoup.
C’est en quelque sorte, le début de la politique, au détriment d’une certaine morale.
Cet ouvrage va plus loin, que le simple récit de cette défaite.
C’est une analyse politique, des relations internationales de cette période de la renaissance, que réalise avec brio l’auteur passionné et passionnant.

« Entre un passé qui s’évapore
Et un avenir qu’il ignore
L’homme nage en plein chaos »
Alphonse Lamartine

Jean-Marie Le Gall, L’honneur perdu de François 1ier, Pavie 1525, éditions Payot – Rivages, février 2015,489 pages, 25 euros.
visuel : couverture du livre

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Jean-Paul Fourmont
Jean-Paul Fourmont est avocat (DEA de droit des affaires). Il se passionne pour la culture, les livres, les gens et l'humanité. Contact : [email protected]

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