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[Cannes, Quinzaine] «Mange tes morts », le monde des gitans à travers la caméra de Jean-Charles Hue

[Cannes, Quinzaine] «Mange tes morts », le monde des gitans à travers la caméra de Jean-Charles Hue

20 mai 2014 | PAR Hugo Saadi

Le réalisateur Jean-Charles Hue est un habitué des titres originaux. Après La BM du seigneur, sorti en 2011 au cinéma il revient avec Mange tes morts. Il continue sa plongée dans la communauté des gens du voyage avec son nouveau film, où l’on suit Jason Dorkel, 18 ans et ses deux frères, l’un vient juste de sortir de prison, l’autre est impulsif et violent. Déroutant pour le spectateur, l’immersion en terre inconnue n’est pas complétement maîtrisée et peut facilement laisser le spectateur sur le côté de la route.

[rating=2]

 

 

Avec Mange tes morts, Jean-Charles Hue nous projette en plein dans la communauté des gens du voyage. On découvre tout de suite Jason, un jeune garçon qui s’apprête à se faire baptiser et qui va retrouver son demi-frère sortant de quinze années de prison. Le réalisateur nous pose le décor pendant une bonne demi-heure avant d’intensifier son propos et de nous embarquer dans une virée nocturne où Jason sera mêlé aux nouvelles affaires de son frère. Tentant comme à son habitude de subvenir aux besoins de sa famille en contournant les lois, les galères vont continuer de s’accumuler et en l’espace d’une nuit tout va basculer pour le trio fraternel.

Le dépaysement est total pour le spectateur qui découvre cette communauté à travers une galerie de personnages aux personnalités bien trempées. Ils sont marqués par leur passé et le réalisateur s’attarde sur les visages et les corps de ces hommes que rien n’arrête. C’est dans un espace sale, brut de décoffrage et violent qu’il pose sa caméra où il malmènera le spectateur pendant le reste du métrage. Malmener, c’est le cas de le dire. Le fossé avec les protagonistes est très grand, il est très difficile de s’y identifier, de s’y captiver et de surcroit de tout comprendre. On remerciera par moments les sous-titres anglais de nous éclairer sur les propos des acteurs, certes tous très convaincants, mais souvent inaudibles par leur accent et leur vocabulaire propre. On pouvait s’y attendre, Mange tes morts sort des sentiers battus et se perd un peu trop vite en cours de route. Il n’en demeure pas moins une intrigue bien pensée dans le fond où la relation entre les trois frères est mise à rude épreuve, chahutée mais aussi magnifiée. Les acteurs, plus vrais que nature, sont saisissants dans leurs interprétations et nous prennent à leurs côtés dans cette virée nocturne où rien ne se passe comme prévu.

 

Mange tes morts, un film de Jean-Charles Hue, avec Jason François, Michaël Dauber, Frédéric Dorkel, drame français, 1h34. Sortie en septembre 2014.

 

visuels © Capricci Films

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Hugo Saadi

4 thoughts on “[Cannes, Quinzaine] «Mange tes morts », le monde des gitans à travers la caméra de Jean-Charles Hue”

Commentaire(s)

  • Florent

    J’avais bien aimé la BM du seigneur, il y avait un petit côté fascinant dans sa réalisation frontale qui naviguait aux frontières du style journalistique. Mais c’est aussi le genre de film que l’on peut facilement rejeter si l’on n’adhère pas à la forme.

    A ce titre, je tenterai ce Mange tes morts, je pense. Et puis la poésie du titre a quelque chose d’attirant :D

    mai 20, 2014 at 9 h 10 min
  • Nicolas

    J’ai adoré la BM du seigneur. Et j’ai compris tout les dialogues. Les acteurs étaient carrément bluffants, et d’après la bande annonce de « Mange tes morts » ils ont l’air d’avoir progressé.

    juin 8, 2014 at 3 h 34 min

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