Pop / Rock
[Live report] Sylvan Esso et Tune-Yards au Café de la Danse

[Live report] Sylvan Esso et Tune-Yards au Café de la Danse

20 mai 2014 | PAR Maïlys Celeux-Lanval

Le joli duo Sylvan Esso était hier soir au Café de la Danse, en première partie des fantaisistes Tune-Yards. Auteurs de « Hey Mami », tube des premiers beaux jours passant en boucle sur Radio Nova, ils se sont révélés très bons et visuellement en phase avec leur musique : on est tombé amoureux.

Venu de Caroline du Nord (Etats-Unis), Sylvan Esso réunit la chanteuse Amelia Meath et le producteur électro Nick Sanborn. Sur scène, c’est tout simple : ils sont là, tous les deux, tous proches, et étrangement placés sur le côté gauche de la scène, comme s’ils voulaient se faire tout petits. Mais cette impression ne dure pas… car dès qu’ils commencent, ils se déchainent, parfaitement coordonnés avec leur musique. Et la toute petite graine qu’ils formaient explose.

Il mixe, mais pas seulement du bout des doigts. Elle chante, mais pas seulement avec sa voix. Leurs corps bougent comme des algues portées par un courant fort ; gracieux, coordonnées, ils n’en sont pas moins spontanés, frais, stylés. Elle, trop belle avec son chignon, ses épaulettes vernies et ses chaussures noires à la hauteur hallucinante, et lui, avec sa tête d’enfant sage anglais nourri au porridge, se déhanchent comme des fous sur leur musique. C’est beau, c’est cool, c’est communicatif.

Et pour les oreilles ? Sylvan Esso fait partie de ces groupes dont on ne sait jamais trop ce que ça peut donner en concert. Cette petite voix semble pouvoir s’effacer et disparaître dans un ennui profond. Mais non, vous l’aurez compris à l’enthousiasme manifeste de ce texte, pas le moins du monde ! Au contraire : tout comme ils explosent par leur gestuelle, ils s’imposent dans les enceintes comme des rois. La voix de Amelia Meath s’empare de toute la salle et séduit, forte, souple, élastique, flexible. Elle est divinement accompagnée par les sonorités électro de Nick Sanborn, qui lui apportent une puissance dingue : c’est comme un choc pour le public, impossible de rester indifférent.

Tune-Yards, star de la soirée, arrive ensuite avec ses copines, maquillées et déguisées avec des couleurs vives ; elles frappent, tapent, se font toutes aiguës puis toutes graves. Ukulélé, batterie et chant se répondent pour former comme des chants ethniques… Et cela paraît presque trop complexe, trop maniéré face à la simplicité expressive de Sylvan Esso. Presque, car c’était quand même grandiose.

En tout cas, pour les fans, deux supers nouvelles qui datent de mai 2014 : le premier album de Sylvan Esso et le nouvel opus de Tune-Yards, Nikki Nack (4AD Records), sont sortis. Bonne écoute !

Visuel : (c) Café de la Danse

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Maïlys Celeux-Lanval

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