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Cannes 2018, Quinzaine : « El Motoarrebatador », la quête de rédemption d’un gentil malfrat

Cannes 2018, Quinzaine : « El Motoarrebatador », la quête de rédemption d’un gentil malfrat

15 mai 2018 | PAR Hugo Saadi

Avec El Motoarrebatador, Agustín Toscano signe son premier film solo derrière la caméra  se concentre sur la vie d’un homme hanté par les remords et qui va chercher un moyen pour soulager sa culpabilité. 

[rating=3]

En l’espace d’un court instant, la vie de Miguel va changer. S’il est habitué à commettre des vols à l’arraché en moto avec son compère de magouilles, ce délit que l’on découvre dès les premières secondes de El Motoarrebatador, va impacter considérablement le quotidien de ce jeune père séparé. Car leur victime du jour ne comptait pas lâcher son sac à main si facilement, résultat : un séjour prolongé à l’hôpital et une mémoire qui a lâché. Au moment de compter leur butin, Miguel évoque déjà des remords et s’inquiète de l’état de santé de la vieille femme que lui et son acolyte viennent de traîner sur le sol… Le jour qui suit il part donc à la recherche de cette femme, Elena, qu’il ne connait qu’à travers les papiers de son portefeuille volé. Il la retrouvera amnésique, un paradoxe pour lui incapable de l’oublier. Miguel s’embarque ensuite dans un récit de mensonges qui va le mener dans un chemin escarpé dont l’issue est bien indécise.

Agustín Toscano met du soin à construire un château de cartes de mensonges. S’appuyant sur l’amnésie totale de Elena, il instaure un rapport de force « malsain » entre Miguel, le responsable de sa chute et Elena, la victime. Dès lors, cette amitié naissante est fondée sur du vent et permet de fournir son lot de situations burlesques donnant au film une touche comique dans ce drame touchant. Le réalisateur argentin nous procure des frissons dans le dernier quart d’heure et joue avec le destin de cet homme et de cette femme. Le suspens qui entoure ce château de cartes tient le spectateur en haleine, lui qui est évidemment témoin de tout, n’attend qu’une chose : que la vérité éclate et qu’elle éclabousse tout le monde. Le tempo du film est calibré pour nous offrir un final pétillant et émouvant. El Motoarrebatador s’appuie aussi sur les bonnes performances du duo Sergio Prina et Liliana Juarez qui jouent tout en légèreté et respirent les bons sentiments sans tomber dans un jeu trop tire-larmes.

« El Motoarrebatador » un film de Agustín Toscano, avec Camila Plaate, Daniel Elías, León Zelarrayán. 1h33. Prochainement au cinéma.

 

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Hugo Saadi

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