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Cannes 2018, Quinzaine : « Cómprame un revólver », l’innocence de l’enfance dans le monde des cartels

Cannes 2018, Quinzaine : « Cómprame un revólver », l’innocence de l’enfance dans le monde des cartels

15 mai 2018 | PAR Hugo Saadi

Après Los Silencios et Les Oiseaux de Passage, la Quinzaine des Réalisateurs a de nouveau présenté un film où la thématique première est la violence des cartels de drogues en Amérique. Mais, Cómprame un revólver n’est pas n’importe quel film de narco trafiquants car Julio Hernández Cordón conte son histoire à travers les yeux d’une jeune enfant et livre un regard innocent sur cette violence qui déchire des familles.

[rating=4]

Si au sortir de la séance on pense rapidement à Mad Max, c’est que Cómprame un revólver s’inscrit dans un mystère intemporel. On ne sait pas en quelle année nous sommes, ni où l’on se trouve. Une chose est certaine, les femmes disparaissent et les clans de trafiquants qui habitent un désert hostile se font la guerre et se déplacent dans des convois aux voitures tunées et blindées que l’on croirait venir de l’univers de George Miller. La comparaison s’arrête là, car le film de Julio Hernández Cordón a sa propre identité, celle de l’enfance. Le spectateur suit donc Huck, une petite fille qui porte un masque pour cacher sa féminité et qui aide son père, junkie tourmenté, à s’occuper d’un terrain de baseball abandonné où les trafiquants de drogue se rejoignent pour jouer. Avec l’aide de ses amis, Huck, qui n’a connu que la guerre et la violence, se bat pour surmonter la réalité et essayer de tuer le chef du clan qui martyrise son père.

La beauté du film réside alors dans cette faculté que l’enfant a pour oublier la réalité et se perdre dans un imaginaire, exutoire à tous les problèmes. Huck et sa bande s’entraînent à se battre à l’aide d’armes désuètes et le spectateur suit avec émerveillement leurs scènes de reconnaissance digne de films d’espionnage, eux qui sont devenus des maîtres en matière de camouflage. Le métrage qui fait moins d’1h30 nous embarque dans cette chasse à l’homme à hauteur d’enfants, trop souvent laissés de côtés dans les histoires de cartels. Ici, rien de tout cela et surtout une révélation : Matilde Hernandez Guinea, incroyable petite fille qui est la pièce centrale du film et qui nous éblouit par son jeu authentique et émouvant. Si l’optimisme est de rigueur, le réalisateur mexicain ne cherche pas non plus à tout édulcorer et propose quelque chose de véritablement novateur.

« Cómprame un revólver » un film de Julio Hernández Cordón

Visuels © DR

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