A l'affiche
Adieu les Cons : une satire en burn out

Adieu les Cons : une satire en burn out

28 octobre 2020 | PAR Pierre-Lou Quillard

Le nouveau film d’Albert Dupontel, en salles depuis la semaine dernière, joue sur la corde sensible pour s’attaquer aux travers de l’administration et du monde de l’entreprise.

 

 

Que voir au cinéma avant le couvre-feu à 19h00 ou le reconfinement ? Au moment où les films américains repoussent tous leur date de sortie, un boulevard est ouvert aux productions françaises qui cartonnent. Parmi elles, notre Albert Dupontel national s’est confortablement installé à la tête du box-office avec Adieu les Cons, une tragi-comédie qui a déjà séduit plus de 500 000 personnes après son premier week-end.

Après s’être attaqué à l’adaptation du roman de Pierre Lemaitre, Au revoir là-haut, Dupontel revient à du Dupontel avec son esthétique, ses thématiques et sa fine équipe d’habitués (Nicolas Marie, Philipe Uchan et Michel Villermoz, entre autres). Mention spéciale pour Virginie Efira, magistrale et qui mérite au moins un César pour les larmes qu’elle nous déclenche. Une fois de plus, Dupontel dénonce avec frontalité, cynisme et virtuosité les travers de notre société et s’attaque notamment cette fois-ci à l’absurdité de l’administration bureaucratique et ses méandres.

Gare à ceux qui s’attendent à voir une comédie aussi loufoque que tordante comme le réalisateur-grand admirateur des Monty Python (Terry Gilliam fait une apparition) en a le secret, et comme peut le laisser supposer le titre. L’humour noir caractéristique du metteur en scène à beau essayer de se frayer un chemin entre les situations abracadabrantesques et la gamme des personnages hauts en couleurs, le ton de l’intrigue reste bien grave. Destins croisés d’un informaticien solitaire en plein burn-out et d’une quarantenaire mourante en quête d’un fils enlevé quelle veut connaître avant sa dernière heure, on rit jaune face à cette atmosphère plombante et quasi maladive de la photographie elle aussi jaunissante (que l’on trouvait déjà dans Le Créateur). La thématique de la mort, traversant tous ses films est plus que jamais au cœur de l’intrigue.

Adieu les Cons est une comédie qui n’en est pas une. On en ressort chamboulé. Ce n’est certainement pas le film à voir si l’on traverse une période de déprime en ces temps incertains mais Albert Dupontel signe bien là une œuvre singulière en échos aux maux de notre société et qui vaut le détour.

 

Pierre-Lou Quillard

« Les Faits », Lorsque Philippe Roth se dévoile
L’agenda cinéma de la semaine du 28 octobre
Pierre-Lou Quillard

Publier un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *