Cinema
75e Festival de Cannes : les films de la section Un certain regard

75e Festival de Cannes : les films de la section Un certain regard

14 avril 2022 | PAR Geoffrey Nabavian

En 2022, le Festival de Cannes aura lieu du 17 au 28 mai. Du côté de la section parallèle Un certain regard, quinze films ont été annoncés, lors de la conférence de presse officielle.

Alors qu’au mois de mai 2022, d’imposantes et attendues productions vont se battre pour la Palme d’or, la passionnante section parallèle du Festival de Cannes Un certain regard révèle, en cette mi-avril, ce qu’elle aura à offrir aux cinéphiles pendant la soixante-quinzième édition de la manifestation.

On peut dire d’emblée que cet ensemble de quinze films fait la part belle à des noms encore peu célèbres : tant mieux, affirmera-t-on avec satisfaction. On y retrouve tout de même Davy Chou, franco-cambodgien qui trace sa route depuis quelques années avec à son actif Le Sommeil d’or et Diamond Island, présenté à Cannes à la Semaine de la Critique en 2016 : en 2022, il donne à découvrir Retour à Séoul, itinéraire d’une jeune fille adoptée dans son pays natal. Egalement parmi les artistes déjà un peu objets des radars des cinéphiles, l’islandais Hlynur Palmason, remarqué pour Winter Brothers puis pour Un jour si blanc, également mis en lumière par la Semaine de la Critique, en 2019 cette fois : pour cette nouvelle édition cannoise, c’est avec Godland qu’on le retrouve. Un film qui promet un mélange entre religion, amours sulfureuses et photographie dans les paysages de l’Islande de la fin du XIXe siècle. Ainsi que la polonaise Agnieszka Smocynska, elle aussi mise à l’honneur pendant la Semaine de la Critique, en 2018, avec le drame social Fugue, et de retour avec The silent twins, histoire de deux jumelles unies par un langage codé, jusqu’au danger. Une réalisatrice familière avec les climats troublants, comme en témoignait son sketch dans le film collectif The Field Guide to evil.

A noter également, au niveau des projets intrigants, une production pour le moment sans titre axée sur la réserve indienne de Pine Ridge, dans le Dakota du Sud, avec pour réalisatrices l’actrice Riley Keough, petite-fille d’Elvis Presley et très remarquée dans Under the silver lake notamment, et Gina Gammell. Ainsi que la présence de la désormais incontournable actrice Vicky Krieps dans Corsage, réalisé par l’autrichienne Marie Kreutzer : un film qui lui permet d’incarner rien de moins qu’Elisabeth d’Autriche, alias Sissi, face à des rituels stricts.

Au rayon des premiers films, un nom très attendu s’avance : Rodéo, de Lola Quivoron, qui suit une jeune femme passionnée de moto s’insérant dans un groupe de bikers adeptes des figures acrobatiques effectuées sans filet. A ses côtés se range une autre première œuvre française, Les Pires, qui trace des portraits d’adolescents et est signé par le duo Lise Akoka et Romane Gueret.

La réalisatrice japonaise Hayakawa Chie est aussi présente, avec son premier long-métrage, Plan 75, dépeignant un Japon d’anticipation qui promeut l’euthanasie pour les personnes âgées. Ainsi que l’ukrainien Maksim Nakonechnyi, qui, dans son premier long Butterfly Vision, suit les pas d’une soldate d’Ukraine prisonnière des russes pendant la Guerre du Donbass, finalement rendue à la vie civile, et enceinte d’un geôlier qui l’a violée.

On peut également retrouver au sein de cette liste le turc Emin Alper, avec Burning Days, portrait d’un procureur jeune essayant de résister à la corruption en province,

Sont aussi annoncés enfin au sein de cette section The stranger de l’américain Thomas M. Wright avec Joel Edgerton, consacré à un duo de protagonistes au sein duquel l’un est chargé de trahir l’autre, Joyland, premier film de Saim Sadiq, Domingo et la brume, originaire du Costa Rica, dirigé par Ariel Escalante Meza et centré sur un homme âgé résistant aux voyous envoyés par un promoteur pour le faire partir de chez lui, Sick of myself du norvégien Kristoffer Borgli, et Metronom d’Alexandru Belc, qui suit les derniers instants proches d’un couple dans la Roumanie de 1972, alors que l’un des deux conjoints va s’enfuir. Une sélection qu’on imagine bientôt complétée par deux ou trois films, ménageant son lot de projets inattendus et d’artistes en train d’édifier des œuvres qui compteront peut-être bien, que l’on attend au tournant en tout cas.

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Visuel : © FDC

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Geoffrey Nabavian
Parallèlement à ses études littéraires : prépa Lettres (hypokhâgne et khâgne) / Master 2 de Littératures françaises à Paris IV-Sorbonne, avec Mention Bien, Geoffrey Nabavian a suivi des formations dans la culture et l’art. Quatre ans de formation de comédien (Conservatoires, Cours Florent, stages avec Célie Pauthe, François Verret, Stanislas Nordey, Sandrine Lanno) ; stage avec Geneviève Dichamp et le Théâtre A. Dumas de Saint-Germain (rédacteur, aide programmation et relations extérieures) ; stage avec la compagnie théâtrale Ultima Chamada (Paris) : assistant mise en scène (Pour un oui ou pour un non, création 2013), chargé de communication et de production internationale. Il a rédigé deux mémoires, l'un sur la violence des spectacles à succès lors des Festivals d'Avignon 2010 à 2012, l'autre sur les adaptations anti-cinématographiques de textes littéraires français tournées par Danièle Huillet et Jean-Marie Straub. Il écrit désormais comme journaliste sur le théâtre contemporain et le cinéma, avec un goût pour faire découvrir des artistes moins connus du grand public. A ce titre, il couvre les festivals de Cannes, d'Avignon, et aussi l'Etrange Festival, les Francophonies en Limousin, l'Arras Film Festival. CONTACT : [email protected] / https://twitter.com/geoffreynabavia

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