Arts
Victor Baltard, dans le ventre en fer d’un Paris mythique

Victor Baltard, dans le ventre en fer d’un Paris mythique

15 octobre 2012 | PAR Amelie Blaustein Niddam

Baltard, pour le meilleur cela inspire les Halles, pour le pire, les studios d’un télé crochet. Quand le musée d’Orsay propose de consacrer une exposition à l’homme, on doute, on a eu tort, Victor Baltard (1805-1874). Le fer et le pinceau est l’inattendu de la rentrée ! Enfin !

Ce qui fait la réussite de cette exposition est son récit. On part de l’homme, on accède aux projets, on finit sur un mythe, Les Halles dans un parcours qui séduira les allergiques aux dessins d’architectures présentés ici comme des tableaux, et les forcenés du genre.

On découvre que l’histoire n’a voulu retenir que ce  qu’elle a voulu. On se souvient du nom d’Haussmann, on pense grands travaux. On oublie l’essentiel et c’est ce que ces salles racontent. On découvre Victor Baltard peintre talentueux, faisant le classique voyage en Italie, rencontrant Ingres, lui servant des dessins préparatoires d’une finesse rare pour La maladie d’Antochius dont il pose les éléments architecturaux. Ingres les intègre à sa toile dans une fusion totale.

En avançant, c’est l’histoire même de Paris que l’on apprend.  Baltard a inscrit sa patte dans toute la capitale, les églises notamment, un plan de Paris dans lequel la scénographe Virginie Flenga a eu la belle idée de ponctuer les lieux de petits écrans vidéos mettent côte à côté le croquis et la réalisation, par exemple l’Eglise Saint-Augustin, bâtie entre 1859 et 1871. Mais aussi dans sa projection de la ville. Après l’incendie de l’Hotel de Ville qu’il avait lui même dessiné, il propose moult tracés. A chaque fois, tous les supports pour expliquer sont utilisés : vidéo donc, dessins, croquis, gravures, numismatique, peinture, sculpture et photographie.

Alors que l’on pense être déçu, que la commissaire Alice Thomine-Berrada se serait tout d’un coup prise de passion pour un focus trop grand sur le chantier mythique des Halles , on est une nouvelle fois surpris. Chaque pièce de cet impressionnant marché de métal reconstitué abrite un focus pensé comme un mini musée. Ici « Dans les églises parisiennes », il est alors inspecteur des Beaux-Arts de la Ville de Paris, il fait travailler Hippolyte Flandrin dont les esquisses sont ici montrées,  mais le plus délicieux est celle regroupant les exemples de fêtes. Paris est une belle dame, pour sortir, elle s’habille. La réception de la reine Victoria est l’occasion de Projet de décor pour l’hôtel de ville (jours de fêtes de la galerie des bureaux au 1er étage), entre autres. On découvre comment la ville se pare dans son architecture même.

L’exposition nous emmène, pour finir déjà, sur le mythe des Halles, comment le lieu a inspiré les cinéastes et les photographes, l’occasion de voir un petit Doisneau au passage, tel Structure métallique d’un pavillon Baltard.

Là, le musée d’Orsay tape fort, faisant oublier la triste Soutine. Cette petite exposition est un symbole de la plus belle alliance entre un bon commissariat et une superbe scénographie. D’une personnalité à un mythe, Orsay réalise l’exposition parfaite  à compléter avec la tout aussi pertinente rétrospective consacrée à Henri Labrousse à la Cité de l’Architecture.

Visuel :

Anonyme, Les halles, vue prise des galeries de l’église Saint-Eustache.

Estampe couleur

Paris, Collection Debuisson

(c) Musée d’Orsay/Sophie Boegly

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Amelie Blaustein Niddam
C'est après avoir étudié le management interculturel à Sciences-Po Aix-en-Provence, et obtenu le titre de Docteur en Histoire, qu'Amélie s'est engagée au service du spectacle vivant contemporain d'abord comme chargée de diffusion puis aujourd'hui comme journaliste ( carte de presse 116715) et rédactrice en chef adjointe auprès de Toute La Culture. Son terrain de jeu est centré sur le théâtre, la danse et la performance. [email protected]

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