Arts

Robert Doisneau, « Du métier à l’œuvre », un témoignage social

01 février 2010 | PAR Delphine Ameline

Deux petites salles, une centaine de clichés, et un engagement. C’est la nouvelle exposition du grand photographe Robert Doisneau, actuellement à la fondation Henri Cartier-Bresson, jusqu’au 18 avril.

Longtemps considéré comme un photographe romantique, l’auteur du « Baiser de l’hôtel de ville », était bien plus qu’un témoin des amoureux de Paris.  C’est ce que se propose de montrer la fondation Henri Cartier – Bresson avec l’exposition « du métier à l’oeuvre ». Celle-ci sélectionne  une centaine d’épreuves originales, choisies sur le volet. On retrouve en majorité les trésors de son atelier et diverses collections publiques ou privées. Et dans la première des deux salles de l’exposition, on découvre un Doisneau photographe du social et du politique.

La première salle, petite et exiguë, expose des clichés graves, entre Paris et sa banlieue. On  y voit des usines, de grands espaces désenchantés

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, mais surtout des photos plus engagées. L’ambiance d’après-guerre dans le Paris de 1942 est superbement exprimé dans « Le cheval tombé » qui évoque une capitale écrasée sous la botte nazie. L’exposition révèle un photographe qui n’a pas oublié ses origines, en mettant la banlieue, grise et triste, à l’honneur. Né en 1912 à Gentilly, Doisneau a  grandi dans un univers petit-bourgeois qu’il exècrait. Il a  intègré l’Ecole Estienne et est devenu dessinateur puis opérateur du sculpteur André Vigneau. Sa passion pour Paris et sa banlieue a commencé là. Son premier reportage sur les puces de Saint-Ouen a été publié en 1932. Après un passage au service photo des usines Renault, il  a intégré l’agence Rapho. Son premier livre, élaboré avec Blaise Cendrars, « La Banlieue de Paris », est sorti en 1949. Doisneau s’y montre passionné (obsédé ?) par la banlieue et la morosité des paysages.

Après la mélancolie, place aux clichés adulés par les touristes. La deuxième salle plonge dans un Doisneau que l’on connaît bien, celui des parisiens. On y retrouve des photos d’artisans, de danseurs, de bourgeois ou de clochards. Une palette de photos saisies sur le vif. Robert Doisneau voulait capter des moments particuliers de la vie de tous les jours. La joie de vivre est bien présente dans ses images. On retrouve des photos de mariages, d’enfants qui jouent dehors, de fêtes dans un Paris libéré.

Une rétrospective emprunte de réalisme qui met en avant l’évolution du travail du photographe de 1930 à 1966. Une petite exposition qui révèle un Robert Doisneau plus sombre et plus engagé. Un véritable témoignage social.

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Bidonville Ö Ivry

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Jeux africains

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Le nez au carreau

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Robert Doisneau, « Du métier à l’œuvre« , jusqu’au 18 avril 2010, tljs sauf lun et jours fériés de 13h à 18h30,  sam 11h-18h45 et mer jusqu’à 20h30, Fondation Henri Cartier-Bresson, 2 impasse Lebouis, Paris 14e, M° Gaité, 01.56.80.27.00,  , 6€ (TR 3  euros). Bon plan :  gratuit le mercredi de 18h30 à 20h30.

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