Arts
R. Ondak, B. Bak au MAM : des « circuits » pas faciles à suivre

R. Ondak, B. Bak au MAM : des « circuits » pas faciles à suivre

30 septembre 2012 | PAR Sarah Barry

Deux artistes sous les projecteurs de la scène internationale sont actuellement exposés au musée d’art moderne de la ville de Paris. Roman Ondak et Bertille Bak mêlent le minimalisme de points de vue inhabituels pour l’un et l’âme culturelle de contes sociologiques pour l’autre. Un ensemble un peu déroutant, parfois divertissant, souvent inabordable …

Le MAMVP a largement distribué ses cartons d’invitation pour le vernissage de l’exposition Ondak/Bak : difficile d’apprécier les installations de l’artiste slovaque ou les petits films de la conteuse parmi la foule. On tente néanmoins de jouer le jeu et de pénétrer la dimension conceptuelle de l’exposition.

Roman Ondak adapte en général son travail au lieu où il doit être présenté ; ses installations, les situations qu’il imagine dépendent, dans l’impression qu’elles donnent, de l’espace qui les abrite. Son intention est d’interpeller le regard du spectateur tandis qu’il considère le monde extérieur, de lui faire prendre conscience des interprétations qu’il en fait selon ses expériences empiriques, celles qui ont précédemment été gravées dans sa mémoire. Les oeuvres qui en résultent ne sauraient se passer de l’explication qui va avec, comme il en va généralement de l’art conceptuel, à moins de bénéficier chez le spectateur d’une curiosité très volontaire.

L’artiste met d’ailleurs les autres à contribution dans ses créations : ses proches, mais aussi les visiteurs. Measuring the Universe est une installation-performance qui invite celui qui le désire à s’adosser à un immense mur blanc afin qu’un membre du personnel fasse une ligne horizontale juste au-dessus de sa tête. Sont ensuite inscrits le prénom, la date, et voilà qu’une frise de petits caractères noirs s’étale sur le grand mur circulaire, comme une enquête sociologique sur la taille moyenne des amateurs d’art contemporain. Un moment naïf et ludique, qui plus sérieusement tente de sauter la barrière départageant normalement artiste et public, et qui rend perceptible la présence du visiteur dans le musée.

Bertille Bak quant à elle s’intéresse aux laissés-pour-compte de la communauté des hommes, des groupes éprouvés portant une identité culturelle, sociale ou religieuse particulière. Qu’ils soient mineurs, membres d’une congrégation religieuse oubliée, ou faisant partie d’une quelconque minorité culturelle persécutée, l’artiste en fait les héros de ses séquences filmées, mais aussi de diverses créations entre dessins, sculptures et ready-made. Tout cela s’inscrit dans une sorte de circuit, qui tente de replacer les sujets dans des cadres géographiques et statistiques. Nait de cette démarche une forme d’art singulière : elle se matérialise dans des plans de métros, de la musique, des courts-métrages, du bricolage, des sculptures mécaniques.

Le visiteur doit donc s’armer d’une sensibilité moderne et motivée pour découvrir cette exposition, que l’on ne saurait comparer à de précédents succès du MAMVP, tel Basquiat ou Van Dongen.

 

Visuel : (c) Sarah Barry

 

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