Arts

Philippe Matsas Les voies perdues

Philippe Matsas Les voies perdues

14 décembre 2011 | PAR Sandrine et Igor Weislinger

Au travers de seize clichés en noir et blanc, nous découvrons des territoires où la nature en friche a repris ses droits sur l’industrialisation laissée à l’abandon. L’eau, les orties, les chardons, la végétation de toutes sortes recouvrent rails abandonnés, usines, terrains de football. Derrière un hublot se discerne un paysage qui semble surgi du passé, d’une lanterne magique.

 

Ce photographe très reconnu appartient à l’agence Opale dont il est un des membres fondateurs. Il a sorti peu avant cette exposition un livre du même nom en collaboration avec l’écrivain Pascal Dessaint aux éditions Après La Lune le 4 novembre 2011. Le cadre est central dans l’œuvre de Philippe Matsas: les personnages célèbres qu’il photographie pour la presse: Michel Houellebecq, James Ellroy…le sont toujours dans un décor qui les rend plus vivants, le fond des clichés donne une dimension profonde à l’ensemble comme pour un tableau, un portrait à l’huile.

Le temps transforme, dégrade les créations de l’homme, les rouille, en fait des vestiges, des présences fantomatiques, à la fois désertes et habitées, des citadelles des temps passés dont la splendeur laisse place à un charme désuet, celui des vieilles choses, le rappel de ce qui n’est plus et a connu peut-être son heure glorieuse. Une grande poésie se dégage de ces clichés, la précision des détails frise la perfection, l’instant de la prise de vue les rendant uniques, parfaits, historiques. La rouille, les champignons, le moisi, ce qui pique, ce qui rebute, ce qui enlaidit devient soudain beau lorsqu’il est choisi par le regard du photographe et esthétisé par le noir et blanc. L’homme est tout petit, simple figurine, silhouette dans l’immensité du décor. La nature semble vivre sous notre regard. Le Nord Pas de Calais, région réputée sinistrée, paraît sublime dans ces prises de vue.

Nous entrons dans toutes les vues et les voies du photographe, nous suivons les chemins qu’il emprunte, les histoires que ces lieux à l’abandon semblent nous chuchoter au creux de l’oreille. Mélancolique, mystérieux et fascinant.

Les vernissages du week-end (du 15 au 18 décembre)
Live-Report : Rocca à Lyon, un peu de Colombie en France
Sandrine et Igor Weislinger

Publier un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *