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Monographie consacrée à Félix Thiollier au Musée d’Orsay !

Monographie consacrée à Félix Thiollier au Musée d’Orsay !

14 novembre 2012 | PAR Tatiana Chadenat

Le Musée d’Orsay présente Félix Thiollier pour la première fois. Courte mais efficace, l’exposition dévoile deux morceaux d’univers éclectiques et pittoresques du photographe. Constituée avec ses héritiers, l’exposition déroule l’évolution artistique de ce grand oublié du début du xxème, de ses débuts en 1860 jusqu’à sa mort en 1914.

A l’image de l’artiste qu’elle présente, l’exposition joue sur les contrastes. Deux salles : la blanche aseptisée, la noire aux lumières tamisées, pour deux époques et deux univers, la tradition rurale, et la modernité industrielle. Félix Thiollier en marge des photographes de son temps, s’est évertué à dépeindre le monde industriel sous un angle postromantique original. Une fois de plus, Orsay met en avant le milieu du fer comme écrin de la ville. Baltard y est exposé depuis le mois d’octobre et maintenant Félix Thiollier. L’artiste apparaît dans ce domaine comme un avant-gardiste de taille. Il joue avec les abords d’usines, et leur fumée pour donner naissance à des formes intéressantes, des motifs sophistiqués voire complexes où les contrastes de lumières sont forts.

Mais Félix Thiollier ce sont aussi des portraits du monde rural dont les prises de vues, s’adaptant mal aux carcans commerciaux de l’époque, ont encore contribué à faire de lui un artiste marginal. L’artiste se saisit des petites gens, écorchés vifs, issus d’un monde rural traditionnel qui l’inspire. La galerie de portraits rend compte d’une réalité sociale d’époque mais avec pudeur. L’artiste garde une distance poétique.

Aujourd’hui, ses photos ont des airs de déjà-vu, mais pour l’époque, elles sont d’une modernité à couper le souffle.

A côté de ces portraits, l’exposition dévoile des paysages majestueux étalés pour la plupart, avec une netteté remarquable. Thioller développe ses photographies seul, ce qui explique une irrégularité dans la production et les tirages. La plupart des paysages sont magnifiquement dramatiques. Les contrastes sont vifs, et les contre-jours sont nombreux. Des explications marquées en blanc jalonnent les murs de la pièce. Thioller s’inspirait de peintres : Ravier et Morestel entre autres. Deux petits Ravier y sont d’ailleurs exposés. A la façon des impressionnistes, il fait des contrastes lumineux. Une série de silhouettes d’arbres morts et de sous-bois en contre jour est admirable. Les étangs, calmes et silencieux sont troublants, les paysages et les chemins de campagne, inquiétants de beauté. Les tableaux sont épurés, quelques motifs présents se suffisent à eux-mêmes. Si vous passez par le musée d’Orsay sans l’intention de voir Thiollier, dirigez vous vers cette petite salle, vous serez emporté par le romantisme de ces paysages à la profondeur infinie.

Félix Thiollier, artiste touche à tout, constitue un point de rencontre entre différents univers : traditionnel et rural,  moderne et industriel. Certains clichés sont très puissants par leurs motifs, leur contraste de valeur intense, leur luminosité, mais aussi par ce qu’ils dégagent de poétique. L’exposition, au musée d’Orsay, est l’occasion d’aller voir Baltard ou les impressionnistes et la mode. Encore une fois, si vous n’y allez pas pour Thiollier, passez-y l’espace d’un instant, l’exposition est courte et vaut le coup d’œil.

Crédit image : Affiche Musée d’Orsay (c) Félix Thiollier

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Tatiana Chadenat

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