Arts

L’Or des Incas décrypte le mythe de l’El Dorado à la Pinacothèque

13 septembre 2010 | PAR Pamina Le Guay

La Pinacothèque présente l’exposition «l’Or des Incas » et tente de décrypter l’aspect le plus prestigieux de cette culture précolombienne : sa mystérieuse relation avec l’or. Une visite au cœur de l’El Dorado.


On a la sensation de pénétrer dans un coffre fort. A L’entrée, de la Pinacothèque, 3 malabars en lunettes noires vous demandent votre ticket et examinent votre sac (votre look ?). Au cas où, parmi les visiteurs, il y en aurait qui voudraient jouer les conquistadors.

L’or, Pierre angulaire du système inca

On retourne plusieurs siècles en arrière pour capter l’importance de ce métal dans la culture inca et on constate que l’or, la « sueur du soleil », ornait presque tous les objets du culte et de la souveraineté bien avant les premiers incas.

Les bijoux, étaient exclusivement réservés à la gente masculine, comme l’exercice du pouvoir. Même les boucles d’oreilles n’étaient pas destinées aux femmes, c’était un symbole de virilité. Ceux qui portaient ces boucles d’oreilles circulaires, qui déforment l’oreille, s’appelaient les ojejones et appartenaient à l’élite des guerriers. Ces ornements nous éclairent sur l’importance politique de l’or dans la société inca. Au fil des vitrines blindées on découvre de sublimes parures, l’apanage des élites, composées, le plus souvent, d’une couronne très haute (un peu comme une toque de cuisinier), de boucles d’oreilles, d’un collier et d’un ornement nasal.

Ce dernier accessoire a particulièrement attiré notre attention, il y en a de très impressionnants, très grands et toujours gravés de mille motifs. On imagine assez bien le comique des situations où l’empereur, lors de ses discours, mettait toute son énergie à ne pas « piquer du nez », entrainé par le poids de son bijou de nez. On se prend à rêver que nos hommes politiques adoptent la tendance. Ça pimenterait leurs longues oraisons et raviverait surement l’intérêt des citoyens pour l’affaire publique.

Différents objets de la culture pré-hispanique nous sont présentés. Comme les ponchos, (ultra-courts) couverts de plumes chatoyantes finement cousues, et les poteries. On est soufflés par le bon état des objets, certains ont près de 1000 ans, les céramiques sont lisses, les peintures éclatantes et tous les détails très fins sont d’une netteté inouïe.

Au fur et à mesure que l’on avance, on en apprend plus sur le travail d’orfèvre des incas et on constate qu’ils utilisaient des techniques, déjà, très avancées. On découvre les différents outils : les matrices, les spatules à chaux, les ciseaux et même les pinces à épiler. On regrette le manque d’explication sur l’utilisation de chaque objet.

Les Incas et nous

A l’époque des Incas, l’or n’avait aucune valeur monétaire mais était l’objet de rites, de mythes et surtout un enjeu de pouvoir, donc même sans valeur concrète, l’or déchainait déjà les passions.

Le précieux métal doré, qui, représentait concrètement le soleil, le dieu le plus important du panthéon inca, était au centre de la pratique culturelle. Le culte du soleil était une religion d’état.

Les cérémonies religieuses (qui retissaient le lien social) étaient l’occasion de beuveries, on buvait la chicha, un alcool de maïs aux propriétés hallucinogènes, et de business. Trinquez et boire dans la même coupe que son partenaire revenait à signer un contrat. C’est ainsi que les incas donnaient leur parole. (Les choses n’ont pas tellement changées.) L’exposition nous éclaire aussi sur les sacrifices, d’enfants notamment. Ils étaient réalisés afin de maintenir l’équilibre cosmique et d’apaiser ou rendre hommage aux différentes divinités.

Comme dans la plupart des civilisations le culte était lié à la guerre,  la salle suivante est donc logiquement consacrée aux équipements guerriers. Nos préférés : les protèges coccyx finement gravés, les pectoraux et les massues à embout interchangeable. A travers ces objets on comprend que l’or avait des facultés protectrices, presque magiques, transmise spar le soleil.

Dans l’ultime salle, on découvre une momie. C’est la clé de cette exposition. En effet, si tous ces objets ont été si bien conservés, et surtout s’ils ont échappé aux conquistadors, c’est que la tombe d’où ils proviennent n’a été découverte que très tardivement, dans la fin des années 80.

L’effet « au fond du tombeau » est réussi, on est un peu effrayés, surtout par les mains votives, en or, placées aux côtés de la momie. On apprend l’importance de l’or dans le culte des ancêtres. Les momies étaient inhumées accroupies et leur trousseau, quand les moyens du défunt le permettaient, était garni d’or.

Bon nombre d’interrogations restent en suspend. On aurait aimé savoir quelle était la symbolique des hiboux qui ornent les objets de cultes, l’utilité des vases « portrait à grand nez », des mains votives et enfin connaître l’identité de cette momie. On reste un peu sur notre soif de culture.

En sortant on a qu’une envie : se replonger dans le Temple du soleil, la BD de Tintin.


« L’or des Incas ». Du 10 septembre au 6 février 2011. Pinacothèque de Paris, tljs 10h30-18h, nocturne mer jusqu’à 21h, 28, place de la Madeleine, Paris 8e, m° madeleine, 10 euros (TR 8 euros)

Nouveauté: visite guidée tous les samedis de 14 à 16h, durée 1h30, 5euros en +.

Pour la Génération 2.0

Vous pouvez télécharger la visite guidée de l’exposition :

Sur votre MP3 :Le Podcast audio, téléchargeable sur le site de la pinacothèque, est à 2euros, 45 minutes d’écoute. Sur votre Iphone, Ipad ou Ipod touch: L’application coûte 2,99 euros.

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Pamina Le Guay

3 thoughts on “L’Or des Incas décrypte le mythe de l’El Dorado à la Pinacothèque”

Commentaire(s)

  • halley

    les spatules à chaux n’ont rien à voir avec une technique d’orfrèvrerie :la chaux est mélangée aux feuilles de coca grace à cet instrument ,c’est écrit à la page 4 duPetit Journal.Cette expo est belle mais ,pour faire plus joli,sans doute,on n’a pas mis les numeros devant les oeuvres,ce qui rend la visite très fatigantes .Les impressionnants gardiens nous envoient sur les roses quand on leur en fait gentiment la remarque,comme si il n’avaient pas un cerveau capable d’enregistrer et de repercuter nos remarques.

    septembre 13, 2010 at 17 h 31 min
  • Certains temples incas étaient recouvert d’or pour refléter la lumière du soleil et donc renforcer le caractère mystique du monument.

    juin 22, 2011 at 15 h 51 min

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