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La poésie du parisien Sempé s’empare de l’Hotel de Ville : prolongations

La poésie du parisien Sempé s’empare de l’Hotel de Ville : prolongations

21 octobre 2011 | PAR Amelie Blaustein Niddam

La mairie de Paris accueille une nouvelle et belle exposition consacrée à une partie de la production monstre du dessinateur Sempé. Le petit Nicolas, auquel la Ville avait déjà offert une rétrospective, est plutôt absent de ces 300 dessins qui nous concentrent sur Paris, New-York et les petites manies des citadins. Sensible, drôle, poétique… et l’entrée est gratuite !

L’étage joue la carte du chronologique, c’est avec émotion que l’on découvre les tous premiers dessins de Sempé qui travaille alors chez un courtier en vin à Bordeaux. Très vite, les premiers dessins de presse arrivent. Nombreuses sont les couvertures et les dessins d’humour. Le rire léger, un comique class, voilà ce qui caractérise Sempé :  » Si je me laisse submerger par l’actualité, c’est fichu ! L’autre jour, après avoir entendu à la radio le récit du krach boursier, je suis sorti dans la rue : une dame avait fait tomber son pain par terre, une autre l’avait ramassé et toutes deux parlaient. C’était formidable. Il y avait un tel décalage entre ce que je venais d’entendre et cette scène… Ce sont ces infinis détails, ces avatars quotidiens, qui assurent la pérennité des choses, tout en les rendant déconcertantes et même comiques « .
Le détail, la faille qui va déclencher le rire ou l’émotion c’est ce qui caractérise l’ensemble du travail montré ici. On note de nombreuses foules parisiennes où un individu se met à part, dans une jolie bulle. Tel ce monsieur qui s’arrête net devant un bas dans une vitrine de lingerie, ou ce chauffeur de bus apeuré par le monde qui s’apprête à monter, ou encore cette belle dame qui traverse un pont, toute légère alors que tout bouchonne tout autour. A contrario, il présente souvent des personnages seuls dans un environnement vide. Deux dames dans une rue haussmannienne déserte, une manifestation d’un seul homme qui dit non…
La scénographie donne un aspect aérien à l’exposition en posant les dessins sur des chevalets. On se promène entre, prenant le temps de détailler chaque œuvre. On découvre une collaboration avec Modiano avec qui il a créé le personnage de Catherine Certitude. Une salle entière est allouée aux couvertures du New Yorker. Sempé a illustré fréquemment cette Une sans mots. Dans une démarche intelligente, les commissaires d’exposition ont opposé le dessin original au magazine. On frissonne devant ce chat scotché par les buildings.
Sempé touche ainsi à l’âme, il vient s’attaquer avec l’œil du pratiquant à la psychanalyse, offrant un dessin hilarant, où dans le dos de l’analyste, surgit sur le côté du divan où une fine dame est allongée un mari qui ne veut pas savoir ses secrets dévoilés. Les parisiens comme les New-Yorkais apparaissent ici drogués à la psychanalyse et au spectacle. Les affres de la production culturelle sont pointées avec un humour grinçant. Une scène de théâtre contemporain, à moins que cela ne soit une manifestation d’intermittent où une galerie d’art merveilleuse mais située … au fond d’une grotte… Un peu loin pour nous tous qui à l’instar de tous ces personnages, aimons paris d’amour, ses embouteillages et ses boulevards. Encore une fois, la Marie de Paris nous invite à une exposition qui fait glisser un doux regard sur la belle capitale.

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Amelie Blaustein Niddam
C'est après avoir étudié le management interculturel à Sciences-Po Aix-en-Provence, et obtenu le titre de Docteur en Histoire, qu'Amélie s'est engagée au service du spectacle vivant contemporain d'abord comme chargée de diffusion puis aujourd'hui comme journaliste ( carte de presse 116715) et rédactrice en chef adjointe auprès de Toute La Culture. Son terrain de jeu est centré sur le théâtre, la danse et la performance. [email protected]

3 thoughts on “La poésie du parisien Sempé s’empare de l’Hotel de Ville : prolongations”

Commentaire(s)

  • gab

    et quand j’avais découvert le
    petit nicolas
    même ma prof s’en était emparée oui j’avais 14 ans et j’étais avide de découverte qui ne trahissaient pas ma curiosité
    ah le voisin qui arrive chez moi
    mais il cherche une information
    je n’ai rien pour lui surtout pas un vélo espèce de rat !
    ce n’est surement pas un rat d’opéra plutôt un rat d’égout
    non un ragondin , m^me mes chats ne le regardent pas c’est peu dire
    j’efface tout sous peine de réprimandes

    novembre 9, 2012 at 13 h 30 min

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