Arts

La Pinacothèque redécouvre Edvard Munch

19 février 2010 | PAR Amelie Blaustein Niddam

Ce matin a ouvert la superbe exposition « Munch ou l’anti-cri » à la Pinacotheque de Paris. « L’homme que nous vous présentons aujourd’hui n’est pas celui que vous croyez » . Nous sommes prévenus dés le premier panneau de l’exposition ! Le nom du Norvégien Edvard Munch est, soyons honnête, associé à une seule œuvre : le cri. Si magistrale soit-elle, elle déforme l’image que l’on a pu se faire du peintre. Cette première grande exposition en France de l’artiste se compose essentiellement de toiles rares car appartenant à des collections privées. A découvrir jusqu’au 18 juillet 2010.

 

« Edvard Munch ou l’anti-cri »laisse découvrir un travail  précurseur marqué par une histoire familiale traumatique. Edvard Munch perd sa mère à 5 ans, puis sa sœur à qui il rend hommage avec le très beau l’enfant malade( en rose et rouge – 1896-) où l’on voit le visage d’une jeune fille sur un oreiller.

Le rapport au couple est très présent dans cette quasi rétrospective. Un rapport à l’amour angoissé, lié à sa relation tourmentée avec Tulla Larsen, fille d’un riche négociant. Ce sont sans aucun doute les tableaux représentant des couples qui permettent le mieux de décrypter l’artiste. Jalousie II ( 1896)montre un homme au regard hagard, on suppose être dans ses pensées, voyant derrière lui une femme nue discutant avec un homme habillé. Les solitaires ( 1894) donne à voir  deux personnages , de dos, ensemble mais seuls, on pourrait aussi citer Baiser sur les cheveux ( 1915) où l’amant tendre embrasse une femme si distante.

La puissance de l’exposition vient du grand nombre et de la grande diversité des œuvres présentées. Gravures, dessins, peintures, utilisation de la couleur… Nous rencontrons ici un artiste complet et extrême qui aimait laisser des œuvres dehors pour qu’elles prennent la pluie afin d’accélérer leur dégradation naturelle. C’est cela qui donne l’effet délavé des gravures sur bois que les témoins de l’époque nommaient « le traitement de cheval ».

Edvard Munch ou l’anti-Cri, Pinacothèque de Paris, 28 place de la Madeleine, 75008 Paris, 01-42-68-02-01, tous les jours 10h30-18h (14h-18h le 1er mai et le 14 juillet), nocturne le mercredi jusqu’à 21h, tarifs: 10€ / 8€, jusqu’au 18 juillet

Image: Baiser sur les cheveux-1915, gravure sur bois, 49×59,5, collection particulière (c) The Munch-Museum/ the Munch-Ellingsen Group/ Agap, Paris 2010

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Amelie Blaustein Niddam
C'est après avoir étudié le management interculturel à Sciences-Po Aix-en-Provence, et obtenu le titre de Docteur en Histoire, qu'Amélie s'est engagée au service du spectacle vivant contemporain d'abord comme chargée de diffusion puis aujourd'hui comme journaliste ( carte de presse 116715) et rédactrice en chef adjointe auprès de Toute La Culture. Son terrain de jeu est centré sur le théâtre, la danse et la performance. [email protected]

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