Arts
La FIAC, voir et être vu

La FIAC, voir et être vu

22 octobre 2014 | PAR Bérénice Clerc

La FIAC, la foire parisienne d’art contemporain où tout le monde veut voir de l’art et être vu ouvre ses portes sans grande révélation artistique ni scandale artistique, mais avec quelques belles œuvres à voir ou revoir si vous êtes fidèles des galeries.

Le Grand Palais, sa somptueuse verrière, sa verticalité lumineuse devient le temps de la FIAC « the place to be » mais surtout « the place to be seen » ! Voir et surtout être vu.

Enter à la FIAC c’est entrer dans un monde parallèle, dans un même espace, aussi immense soit-il, se mêle des œuvres d’art puissantes et vibrantes et des visiteurs désireux de montrer leurs looks aux frontières du décalé et du ridicule.

Chaque galerie a un espace, le galeriste est souvent là, il parle aux collectionneurs, certains comme Kamel Mennour sont passionnés et n’ont pas que des dollars ou des euros dans les yeux et au bout de leur discours.

Il faut vendre, il faut placer ses œuvres, les marchands d’art sont en joie, les affaires semblent bonnes. Les seaux à champagne sont en or, les coupes trinquent, les échanges sont troublants, « un million cinq de dollars, ce n’est rien pour une pièce pareille » et autre, « spéculons, spéculons, je pointe et j’achète ! ».

Même si l’art est un marché, quelques perles artistiques sont agréables à vivre et à voir. La galerie Marianne Goodman serait une maison idéale, Annette Messager, Giuseppe Penone, Christian Boltanski habitent l’espace de leur talents différents.

Avancer dans le Grand Palais c’est croiser des hommes en kilts et chaussettes de laine, des femmes aux jupes courtes comme la longueur de leur postérieur, des talons de minimum 20 cm avec semelles rouges obligatoires !

N’oublions pas les costumes trois pièces à gros carreaux ou fleurs, roses, oranges, verts et les chirurgies non esthétiques accrochées aux visages des hommes et des femmes déshumanisés. Faisons l’impasse sur les coiffures mi-courtes mi-longues, deux locks dressées sur la tête et les couleurs doubles triples option renard mort pour les postiches et colorations  masculines.

Oublions le superficiel, revenons à l’essentiel, l’art, l’essence de la FIAC.

Roni Horn signe cinquante portraits d’isabelle Huppert sans maquillage, humaine, sensible, touchante et une sculpture puissante cylindrique, transparente et opaque à la fois chez Hauser & Wirth. Dew viewer, 212 reflets à grande échelle et petits miroirs d’Olafur Eliasson démultiplie le regard, l’image du monde et de soi. La fragilité et pureté des œuvres de Claire Morgan dialogue à merveille avec le noir lumière de Soulages chez Karsten Greve. Claude Lévêque allume l’espace de ses cœurs chez Kamel Mennour.

Inutile et impossible de tout détailler, la FIAC est à vivre, l’ambiance à découvrir et les galeries comme les œuvres à rencontrer même si votre porte-monnaie ne vous permet pas d’investir et de spéculer.

Grand Palais ou partout dans Paris vibrez avec les artistes, grands et petits, laisser-vous aller à l’émotion.

 

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Bérénice Clerc
Comédienne, cantatrice et auteure des « Recettes Beauté » (YB ÉDITIONS), spécialisée en art contemporain, chanson française et musique classique.

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