Arts

La Collection Pérez Simòn prend ses quartiers au Musée Jacquemart-André

10 avril 2010 | PAR Alienor de Foucaud

Jusqu’au 1er Août, le Musée Jacquemart-André accueille l’exposition « Du Greco à Dalí », parcourant près de quatre siècles de peinture espagnole au travers d’une cinquantaine d’œuvres sélectionnées par le collectionneur hispano-américain. L’occasion de saluer une école picturale et de rendre hommage à Pérez Simòn selon un parcours thématique mettant en évidence les permanences esthétiques et filiations qui donnèrent à la peintre espagnole son identité.

C’est selon une approche historique que l’exposition propose à ses visiteurs de s’immerger dans la peinture espagnole. D’abord placée en regard de la politique des Habsbourg, la peinture est académique, classique et commandée. Les sujets de prédilection restent inchangés, fêtes royales alternent avec fêtes populaires, peintures religieuses et portraits en tout genres ornent les tapisseries du musée.

Des mouvements se démarquent, le Costumbrisme s’attache à mettre à l’honneur une identité en exaltant des coutumes régionales et des mœurs sociales tandis que les intellectuels de la Génération 98 réévaluent la vie culturelle espagnole, tentant de la revitaliser. D’emblée, l’art se profile selon une visée décorative et illustrative d’une période d’expansion, dès lors intrinsèquement lié à la politique et au régime du pays.

Quelques « splendeurs de l’art sacré » mettent en lumière la dévotion espagnole issue des réformes du 16ème siècle et de la gloire du catholicisme, tandis que l’enfance devient sujet de prédilection pour certains. On découvre alors un Greco enlumineur, un Murillo réaliste et un Sorolla, peintre de genre. Enfin, l’érotisme et le corps de la femme parviennent à se nicher dans un coin de l’exposition, mettant en avant le motif de la baigneuse repris par Picasso, qui excelle dans ses dessins sensuels.

Les peintres de la modernité apportent ainsi quelques touches d’exotisme à un ensemble très classique, tant dans le choix des œuvres que dans le traitement thématique : difficile de trouver une ligne directrice et un angle d’attaque sur une collection hybride et hétérogène. Les quelques Dalí, Miró et Picasso enchantent alors un visiteur légèrement perplexe.

Les amoureux invétérés de la peinture espagnole y trouveront leur bonheur, mais les avides d’originalité resteront sur leur faim, on aurait aimé quelques parallélismes et analyses entre classiques et contemporains, et l’on se satisfait, un peu amèrement, d’un cours d’histoire politique glorifiant l’Espagne de Charles Quint.

« De Greco à Dalí », Musée Jacquemart-André, 158, bd Hausmann, 75008 Paris

Jusqu’au 1er Août 2010

www.musee-jacquemart-andre.com

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Alienor de Foucaud

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