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Vertige de l’irrésolu, Dan Miller Graphein, galerie Christian Berst

Vertige de l’irrésolu, Dan Miller Graphein, galerie Christian Berst

30 mars 2012 | PAR Bérénice Clerc

Christian Berst accroche Graphein, le langage de Dan Miller sur les murs de sa galerie à Paris jusqu’au 19 mai 2012. Gestes purs, traces, griffures, écorchures, rythmes, incantations, Dan Miller livre une œuvre riche et multiple.

Dan Miller est entré en 2008 dans la collection permanente du Moma de New York, son œuvre très contemporaine, il l’invente bien loin du circuit artistique, des savants de l’art et des « bien pensants » au Creative Growth Art Center d’Oakland en Californie où il a sa place d’artiste depuis plus de quinze ans.

Dan Miller souffre d’un autisme profond, dès son enfance sa famille trouve une forme de communication, de langage dans ses dessins, ils leur offrent la possibilité d’entrer dans le monde inexplicable de Dan.

Christian Berst est passionné d’art brut, terme inventé par Dubuffet comme « euphémisme » d’art des fous ou du « génie et la folie » admiré durant la période romantique. Avec Henri Michaux ils travaillent sur un langage inventé, utopie d’une possibilité de faire naitre un langage pré-babélien, genèse d’un langage, une langue première et universelle. André Breton, Robert Desnos et André Masson se risquent à l’automatisme avec les surréalistes et en peinture Twombly dans le sillage d’un Paul Klee entreprend une régression, un travail d’auto-analyse et d’exploration des moyens plastiques, libéré de l’histoire de l’art de la conscience et de la rationalité pour laisser place à une expressivité pure et exceptionnelle.

Dans cette impossibilité à dire, cette prise de risque du non figuratif, non signifiant Twombly triomphe, il griffe, hache, gribouille, trace et offre à la matière et aux couleurs la liberté d’un vide plein d’espace et de profondeur.

Dan Miller est un artiste comme Cy Twombly mais il échappe à toutes tentations d’analyse, il laisse, pour une fois, les spécialistes de l’art sans voix, il interroge, trouble, bouleverse mais ne donne pas de réponse, n’offre pas l’illusion d’une explication, d’un possible relié à son histoire personnelle ou à une figuration à analyser ou comprendre.

Le spectateur est libre d’y lire son histoire, celle que son cerveau lui renvoie, des émotions pures non « pré-mâchées ».

Ses créations sont d’un dynamisme rare, traces, mouvements, densité, espaces vides font naître un relief impressionnant de près comme de loin. Écheveau de traits, toiles d’araignées impénétrables, mots jetés, répétés, sur-imprimés, chiffres parfois en couleur habitent l’espace de la toile.

Il ouvre une porte sur son monde intérieur, répète exalté sur le papier les signifiants qui s’y rapportent sans peut-être y mettre de sens. Peinture, stylo, crayon, feutre, à l’instar des mots, différents matériaux se chevauchent, créés de subtiles strates chargées d’une force graphique incontestable.

Récemment, il s’est approprié une vieille machine à écrire avec laquelle, retenant par moments le papier, il met à jour son procédé en sur-imprimant les caractères encore et encore et invente une « matière mot » vibratoire.

Ces créations ont la puissance d’un dynamisme rare, une rage d’expression ravivée sans cesse avec force où les mots non verbalisés vivent sur le papier. Illustration parfaite du Graphein grec, à la fois écriture et peinture.

Une exposition pour s’offrir le vertige d’échapper aux modes, explications, réponses, névroses, parfois appelées art contemporain et se délecter d’irrésolution.

Visuels : (c) Galerie Christian Berst.

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Bérénice Clerc
Comédienne, cantatrice et auteure des « Recettes Beauté » (YB ÉDITIONS), spécialisée en art contemporain, chanson française et musique classique.

2 réflexions au sujet de « Vertige de l’irrésolu, Dan Miller Graphein, galerie Christian Berst »

Commentaire(s)

  • Pascal David

    Cet article est particulièrement mal écrit ; je regarde de temps en temps toutelaculture, mais voir un article entier aussi mal écrit me laisse pantois, et me fais douter de la qualité. Je retiens particulièrement ce paragraphe : une véritable perle ;

    « Christian Berst est passionné d’art brut, terme inventé par Dubuffet comme euphémisme d’art des fous ou du génie et la folie admirée par les romantiques. Avec Henry Michaux ils travaillent sur un langage inventé, utopie d’une possibilité de faire naitre un langage pré-babélien, genèse d’un langage, une langue première et universelle. André Breton, Robert Desnos et André Masson se risquent à l’automatisme avec les surréalistes et en peinture Twombly dans le sillage d’un Paul Klee entreprend une régression, un travail d’auto-analyse et d’exploration des moyens plastiques, libéré de l’histoire de l’art de la conscience et de la rationalité pour laisser place à une expressivité pure et exceptionnelle. »

    1. Henri Michaux est français, il porte donc un « i » dans son nom.
    2. Aucun rapport d’euphémisme entre « art brut » et « art des fous ». A la limite ça se comprend à l’oral, mais à l’écrit ça ne veut plus rien dire. L’ « Art dégénéré » devrait donc être considéré comme hyperbole? Encore une fois, ça ne veut rien dire.
    3. La folie n’est pas admirée par les romantiques. Ce sont les médecins qui durant la période romantique s’en occupent. La période 1870-1910 ira vers une compréhension de la folie par le biais de l’onanisme, du rêve, du cauchemar et de la syphilis : le romantisme est mort depuis 1848, grand maximum.

    Voilà déjà pour la première phrase. Je pourrais continuer ainsi sur tout le paragraphe.

    Pour finir : par pitié, lisez à voix haute votre texte, et pensez un peu à placer les virgules.

    A quand un contrôle éditorial?

    mars 31, 2012 at 19 h 46 min

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