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Un été au Havre, saison 3

Un été au Havre, saison 3

21 août 2019 | PAR Sabina Rotbart


Amorcé en 2017, pour l’anniversaire des 500 ans de la ville, la manifestation se poursuit avec l’installation de nouvelles œuvres dans la ville.

Erwin Wurm, Suzan Philipsz, Henrique Oliveira, Stephan Balkenhof voilà quelques-uns des 9 artistes que Jean Blaise, le grand ordonnateur de la manifestation, a invité pour que leurs œuvres puissent dialoguer avec le cadre urbain si particulier reconstruit par Perret.

Sisyphus casemate, l’arbre géant conçu par le brésilien Henrique Olivieira envahit de sa ramure monstrueuse une des cellules de la casemate du fort désaffecté qui surplombe la ville, un lieu rebaptisé « Jardins suspendus » avec sa ramure. C’est sans doute l’œuvre la plus saisissante. Presque imperceptible de l’extérieur, cette œuvre pérenne est une vraie surface de projection. Arbre étouffé ou bien envahissant, qui se venge d’avoir été malmené ?

Des médiateurs aux petits soins éclairent fort à propos le visiteur sur la construction in situ de ce sujet presque inquiétant. Même s’il n’en paraît rien, cet arbre étonnant est totalement artificiel, fabriqué de déchets, Olivieira utilisant des palettes et des palissades de chantier pour bâtir ses sujets. Ailleurs, ses meubles boursouflés, ses arbres pourvus de grosses tumeurs manifestent une certaine révolte de la nature.

Narrow house de l’autrichien Erwin Wurm est la réplique minuscule du Home sweet home des couches moyennes autrichiennes. Elle interroge notre manque d’espace actuel et l’impossibilité de se loger.

 

Ocean gate, se découvre, elle, dans l’étonnante Eglise Saint Joseph, sorte de phare en béton aussi hiératique que coloré. Suzan Philipsz l’a sonorisée en remplaçant le son de l’orgue par un mugissement évoquant la corne de brume, mixage de son propre souffle amplifié et de sonorités marines. Troublante création sonore qui rend vivant cet espace surdimensionné.

Jusqu’au 8 septembre, dans le cadre du festival Exhibit, Paysage-fiction, exposition d’arts numériques installée au Tetris, le centre de musiques actuelles installé au Fort de Tourneville, présente l’approche de trois artistes actuels qui créent avec des matériaux de rebut des monstres haletants ou fabriquent des œuvres collaboratives avec les habitants, en utilisant vidéo ou sonorisation. (www.letetris.fr)

Le 29 aout à 17h, s’y tiendra une conférence sur le paysage à l’ère digitale
, explorant les liens différenciés de l’impressionnisme et des arts numériques au paysage.

Et puis bien sûr, on ira absolument voir l’exposition du MuMa sur « Dufy et la mer (jusqu’en novembre) », visiter la très passionnante « Maison de l’armateur » et l’étonnant « appartement Perret », restauré et remeublé comme à l’époque de la Reconstruction (visites guidées à l’office du tourisme www.lehavretourisme.com).

 

S’informer: www.uneteauhavre.fr

Y aller : le Havre est à 2h15 de Paris en train.
Se loger ? A l’art hôtel, face au Volcan de l’architecte Niemeyer.

Sabina Rotbart

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Sabina Rotbart
journaliste en tourisme culturel, gastronomie et oenotourisme. [email protected]

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