Arts
Se souvenir et témoigner, l’exposition de Thea Djordjadze au MAMC de Saint-Etienne

Se souvenir et témoigner, l’exposition de Thea Djordjadze au MAMC de Saint-Etienne

22 février 2022 | PAR Aminata Fofana

Pour sa première exposition personnelle en France, Thea Djordjadze présente près de soixante œuvres au musée d’Art Moderne et Contemporain de Saint-Etienne jusqu’au 15 mai prochain.

Se souvenir

A travers cette rétrospective, l’artiste géorgienne déploie ses travaux réalisés depuis 1993 dans les 650 m2 qui lui sont accordés, proposant une expérience unique et personnelle.

Se souvenir et témoigner, ce nom pose déjà le cadre. Pour cette carte blanche, c’est sans chronologie que l’on partage le parcours et les états d’âmes de l’artiste ancrés dans les tableaux, dessins et sculptures.  Tout est pris en compte, les murs tout blanc des 5 salles portent la soixantaine d’œuvres hybrides uniquement mis en valeur par les choix de lumière et volume des salles. A l’origine artiste peintre, on retrouve certains de ses travaux clamant subtilement le passé de l’artiste.

Ayant grandi en URSS, elle étudie et obtient son MFA à l’Academy of Fine Arts dans le cadre difficile de la guerre civile en Géorgie après son indépendance. Ayant pris goût à la mise en scène lors de ses performances au sein du collectif hobbypopMUSEUM, elle se détache des deux dimensions de la peinture et explore la question du geste et du mouvement dans des sculptures fragiles, prêtes à rompre l’équilibre et s’effondrer.

Esthétique plutôt que utile

Jolie poésie des formes, la question du socle fait référence tout au long de l’exposition. Contenant et contenu, volume et vide, matériaux industriels et traditionnels, multi-usage et hybridation, un mystère perturbant se trouve dans la rencontre des œuvres entre elles. Les installations de type dispositif réclament leur moment de gloire et deviennent œuvre, agencées dans un rapport délicat à l’architecture du lieu.

On est face à trois intrigantes pièces en aluminium, assemblé presque que comme une table et adossé au mur faisant presque front au spectateur. Nonchalant et presque aventurier, le tapis enroulé au milieu de la salle et de l’exposition paraît pourtant vieux et fatigué. Tout à l’opposée de cette image, au début du parcours se trouvent deux sculptures montées telles des armoires ou des porte-œuvres qui figurent comme débordants de force. 

Comme coupée du monde, la scénographie des ces œuvres inclinées sur les murs et recoins nous immerge et enveloppe dans un univers artistique presque précaire, où le spectateur fait part entière de l’œuvre.

Nous avons en face de nous une toute nouvelle version des pièces anciennes comme nouvelles, offrant une lecture inédite et une ambiance inattendue aux projets de l’artiste. Chaque œuvre est interchangeable, mais semble appartenir uniquement à son emplacement, déposé à l’équilibre parfait mais exerçant une fluette contre-force sur l’espace d’exposition.

Légèrement nommées et peu expliquées, les créations semblent étrangement complices du visiteur en ne lui donnant simplement qu’un ressenti, sans message clair. C’est aussi une des volontés de l’artiste, qui ne souhaite pas arrêter une interprétation sur ses sculptures.

Exposition Se souvenir et témoigner de Thea Djordjadze au Musée d’art moderne et contemporain de Saint-Etienne Métropole, jusqu’au 15 mai 2022. 

Visuels :© Simon Menges. ADAGP, Paris 2022 

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Aminata Fofana

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