Expos
Nouvel accrochage au MAM : l’Allemagne, la lumière et le contemporain à l’honneur

Nouvel accrochage au MAM : l’Allemagne, la lumière et le contemporain à l’honneur

28 juin 2013 | PAR Yaël Hirsch

Grésillant de monde, grâce à sa formidable exposition « Keith Haring » (qui ajoute des nocturnes supplémentaires les mercredi jusqu’à 22h à partir du 10 juillet), abritant également une exposition d’une cinquantaine d’œuvres « concrètes » de Pierre Henry, le Musée d’Art Moderne de Paris a inauguré, ce jeudi 27 juin un nouvel accrochage de ses collections permanentes. Lumière, art contemporain, notamment allemand et mise en exergue de quelques modernes moins connus sont à l’honneur. Malgré ou peut-être à cause de manque de chronologie, une très belle proposition de scénographie et de pédagogie.

Alors qu’à l’étage « La fée électricité » de Raoul Dufy brille toujours de mille feux et que n’ayant pu apercevoir que le portail de la salle « Matisse » à l’entresol, nous espérons que la Danse majestueuse que conserve le MAM y figure, c’est au sous-sol et sur des murs d’un blanc immaculé reflétant au maximum la grande lumière qui baigne les lieux, que le nouvel accrochage s’étend. A l’entrée, dans un espace longiligne bordé de lumière, les très grands formats dont un Rythme de Robert Delaunay, et des pièces art déco, absolument bluffants. Dans un repli plus sombre, en face de l’entrée, une salle montre quelques vidéos très contemporaines.  Une fois les portes passées, l’accrochage fait des propositions vraiment originales et pas toujours chronologiques. Du côté des modernes, les morceaux de bravoure sont là, avec une première « antre », large, bien éclairée mais pas trop et qui va des derniers impressionnistes aux fauves en passant par Bonnard et Vuillard. Van Dongen, lui, est exposé plus loin, avec l' »Ecole de Paris », bien mise en exergue dans une vaste salle, avec notamment un focus sur Jules Pascin, peut-être moins connu que Chaim Soutine ou Amedeo Modigliani. On passe devant un bureau- cabinet de curiosité qui ferait presque pâlir celui de Breton à Pompidou et qui contient la collection des arts d’Afrique de Maurice Girardin) puis on découvre que comme à Pompidou dans le temps, Rouault a sa petite salle consacrée et à part. Mais c’est André Derain qui règne en maître, dans la salle la plus lumineus de l’art moderne, en lieu et place où une vision plus mainstream aurait placé là Cézanne ou Degas. On découvre ainsi non seulement ses dessins mais aussi ses sculptures (voir photo 2). A deux pas, dada est là, et aussi les surréalistes.

C’est le sculpteur Etienne Martin et Robert Combas qui font la transition dans une explosion de couleur vers deux voies : mis côté à côté les abstraits des années 1950, de Chirico qu’on aurait parfois pu classer comme inspirateur des surréalistes et une place spéciale est dédiée à l’immense Fautrier. De l’autre côté, l’espace s’agrandit et s’illumine encore pour présenter sur le mode du jeu, les morceaux de bravoure des nouveaux réalistes et de Fluxus (photo 1). Enfin, dans une série de galeries plus viscérales, des grands formats mettent à l’honneur la peinture allemande contemporaine (Richter Baselitz, Penck, Meese ou encore Ohlen), une jolie réponse néo-expressionniste à l’exposition du Louvre.

Un accrochage qui offre une promenade lumineuse et enjoint de découvrir certains artistes moins connus, et qui pousse résolument le MAM vers le contemporain, mouvement encore renforcé par la version 2013 des « Apartés » dans les collections permanentes du musée: en effet, depuis 2011, le MAM invite des artistes à questionner ses toiles. Cette saison, les invités sont trois artistes entre 30 et quarante ans : Leonor Antunes, Julien Prévieux et Marie Voignier.

Une nouvelle présentation des collections à découvrir, par exemple un dimanche matin ensoleillé.

Alabama Monroe, une histoire d’amour décalée rythmée par un blues authentique
Charles Ratton, un immense marchand d’art, précurseur des « arts primitifs » au Musée du Quai Branly
Yaël Hirsch
Co-responsable de la rédaction, Yaël est journaliste (carte de presse n° 116976), docteure en sciences-politiques, chargée de cours à Sciences-Po Paris dont elle est diplômée et titulaire d’un DEA en littérature comparée à la Sorbonne. Elle écrit dans toutes les rubriques, avec un fort accent sur les livres et les expositions. Contact : [email protected]

Publier un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *


Soutenez Toute La Culture