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Minimalism/Maximalism au FIT : à découvrir !

Minimalism/Maximalism au FIT : à découvrir !

18 juillet 2019 | PAR Cloe Assire

De passage à New York pendant les vacances ? Ne rater pas la nouvelle exposition gratuite du Fashion Institute of Technology ! Présentée du 28 mai au 16 novembre, « Minimalism/Maximalism » est la première exposition à mettre en regard ces deux esthétiques de façon historique, du XVIIIème siècle jusqu’à nos jours. 

Mélissa Marra-Alvarez, commissaire d’exposition, mit un point d’honneur à souligner à quel point la mode est le monde des extrêmes où chaque style répond au précédent, créant ainsi une alternance entre restriction et exubérance, entre Minimalism et Maximalism. Avant toute chose, que signifient ces deux termes ? Minimalism fait indéniablement référence au célèbre « Less is more » de Mies Van der Rohe tout en célébrant la beauté de la pureté contrairement au Maximalism qui accentue l’excès et l’éclectisme. Certains designers se tiennent à l’une ou à l’autre de ces deux esthétiques diamétralement opposées au premier abord. Par exemple, Narcisco Rodriguez est reconnu en tant que designer du Minimalism tandis que Christian Lacroix se revendique du Maximalism. Aujourd’hui, après des années de mode minimale, il semblerait que les couturiers cherchent de nouveau à expérimenter l’excès. Décryptage de ce phénomène.

Bien qu’étant opposés, ces deux termes s’alimentent l’un l’autre de façon répétitive au cours du temps, et donc de l’Histoire. On pourrait notamment citer la mode ostentatoire des eighties suivie de l’austérité des années 1990. Tout en présentant une mode internationale, cette exposition nous séduit également par l’utilisation de références actuelles, notamment en mettant en regard l’iconique Stan Smith, créée en 1973, avec la devenue célèbre Triple S, présentée en 2017. De plus, la mise en scène est particulièrement porteuse de sens, la couleur faisant souvent le lien entre Maximalism et Minimalism.

Intéressons-nous désormais aux pièces phares de la collection. Du côté du Maximalism, on retiendra tout particulièrement le travail de Yohji Yamamoto avec son bustier de 1991 fait de bois et de métal, le designer brisant ainsi les conventions tout en réinventant les relations liant l’habit au corps. En effet, son corset architectural n’est pas sans rappeler une sculpture cubiste. Thierry Mugler se fait lui remarquer par l’utilisation de tissus métallisés combinés à des épaules exagérées. Il crée de cette manière des femmes fatales futuristes, dotées d’un super-pouvoir de séduction. On notera également le travail entre art et mode de Rei Kawakubo pour Comme des Garçons où le corps est enseveli sous le textile. Mais le clou du spectacle est indéniablement la Airmail Dress d’Hussein Chalayan dont la coupe fait référence au Minimalism des robes d’André Courrèges présentées face à face. Cette esthétique se manifeste également avec la présentation des créations de Jil Sander, considérée comme The Queen of Less.

L’exposition Minimalism/Maximalism, bien que semblant traitée d’un thème très spécifique, montre un point saillant de l’ensemble de l’histoire de la mode tout en nous interrogeant sur les tendances actuelles et à venir !

Visuels : The Museum at FIT

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Cloe Assire

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