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[Londres] « Undress your mind » : Parlons Sexologie à la Wellcome Collection

[Londres] « Undress your mind » : Parlons Sexologie à la Wellcome Collection

21 février 2015 | PAR Yaël Hirsch

La Wellcome collection est un musée attaché au Wellcome Institute, un des plus grands organismes britanniques de recherche en Santé. Jusqu’à la fin de l’année 2015, entre autres curiosités, la Collection a ouvert une galerie à l’Histoire de la sexologie. Une visite gratuite (tickets instaurés à heures de trop grande influence, mais entrée libre) et instructive.

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sexology-bookCe sont les collections et les collectes d’informations des pionniers de la sexologie que l’on peut découvrir dans cet « Institute of sexology » qui revient sur 200 ans de combats pour mieux connaître cette part de l’humain peut-être pas aussi taboue que l’on croit. On retrouve les travaux et objets de pionniers comme Magnus Hirschfield, Richard von Krafft-Ebing et un peu Sigmund Freud avant d’embrayer sur la fameuses étude exhaustive sur la sexualité des américains menée par Alfred Kingsley et le couple phare de chercheurs mis en avant par la série de Showtime (voir notre article) : William Masters and Virginia Johnson. Mais un détour par l’anthropologie (Broniwlsaw Malinowski, Margaret Mead) nous encourage à penser que la prude idéologie victorienne ne concernait pas tout l’humanité et que la libre parole concernant la sexualité existait peut-être, même avant ces travaux révolutionnaires.

The Institute of Sexology pose de vraies questions sur cette révolution (et libération) sexuelle, qui serait passée par la science. C’est à dire par  un positivisme forcené et des petites cases très normatives (combien de fois? quelle taille du pénis? combien d’orgasmes? combien de partenaires?…). Une litanie de boites où l’on tente de ranger le matériel explosif de la sexualité, même chez les pionnières et libératrices des corps de femmes comme Marie Stopes, avec son combat en faveur de la contraception et son best-seller Married Love (1918).

Focalisée sur les grandes recherches qui ont expliqué le sexe aux 19ème et 20ème siècles, l’exposition s’arrête dans les années 1970. Si elle est plus un salon de curiosités qu’une balade dans le monde de l’érotisme, elle permet également  de voir pas mal d’objets artistiques et sextoys. En super guest vraiment cool de l’exposition, ne maquez pas l’incroyable machine à recharger la substance sexuelle : l’Orgon, du psychiatre, sociologue et gourou, William Reich! Il parait qu’il suffit de s’asseoir dans la boite pour se sentir soudain plein d’énergie …. Témoignages bienvenus pour ceux et celles qui passent par Londres et font ce petit voyage au pays de la sexologie…

visuel : livre de l’exposition

Infos pratiques

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Yaël Hirsch
Co-responsable de la rédaction, Yaël est journaliste (carte de presse n° 116976), docteure en sciences-politiques, chargée de cours à Sciences-Po Paris dont elle est diplômée et titulaire d’un DEA en littérature comparée à la Sorbonne. Elle écrit dans toutes les rubriques, avec un fort accent sur les livres et les expositions. Contact : [email protected]

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