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L’été 2022 à la Collection Lambert

L’été 2022 à la Collection Lambert

13 juillet 2022 | PAR Lucine Bastard-Rosset

La Collection Lambert à Avignon dévoile de nouvelles expositions depuis le 2 juillet 2022. Partez à la découverte de la lumière, de plantes mutantes, de néons fluorescents ou encore de corps dont il ne reste que l’ombre. Un voyage en plein cœur du réel, un réel perçu par une multitude de regards singuliers. 

 

Un retour à la « Matrice »

On appelle communément ce qui nous entoure “le réel”, mais est-on sûr que ce que nous voyons “est vrai” ? Et surtout, est-on sûr de tout voir ? Ne voyons-nous pas seulement ce que l’on souhaite nous montrer ? L’exposition Bienvenu dans le désert du réel nous amène à questionner nos sens, à affûter notre regard, à mettre la main sur ce qui nous est caché. On y découvre le travail de plusieurs artistes comme Salla Tykka, Anselm Kiefer ou Christian Boltanski.

L’artiste américain Jonathan Horowitz y propose une lecture inhabituelle de films dont il retire volontairement la bande son. Il ne reste que des images mouvantes, entrant en dialogue avec un piano fantôme. Le spectateur ne comprend plus les personnages, il est dépossédé d’un de ses sens le plus essentiel, tout comme les héros des films, tous muets et sourds. Horowitz cherche-t-il à nous faire éprouver leur quotidien, cette impossibilité à communiquer ? 

La dernière salle nous confronte à la violence du monde, celle présente constamment autour de nous : dans les récits comme dans la vie. La photographie de Fiorenza MeniniHow Al Pacino Kills me ! – fait ressortir l’excès de violence promu dans l’univers culturel, tandis que l’installation du sud-africain Kendell Geers dévoile sous la forme innocente d’une étoile de multiples matraques. 

Les Idylles de Jean-Charles Blais

Sur des fonds aux tons bleus, verts, orangés se détachent des figures, des silhouettes. L’homme devient par moment une simple ombre dont il est difficile de percevoir les formes. D’autres fois, les bras se croisent, on se tient côte à côte, on s’enlace. 

Cet artiste nantais a pour habitude de travailler l’expérimentation en joignant à ses dessins des matériaux marqués par leur histoire. Ici, ce sont des affiches publicitaires qui servent de toiles, collées les unes sur les autres, grattées, délavées. Elles sont la base de ces corps expressifs aux visages cachés. 

First but not Last Time in America

Kubra Khademi est une artiste afghane née à la fin du XXe siècle dans une société patriarcale violente. Son art pluridisciplinaire tente de répondre à cette haine, la poussant en 2015 à émigrer en France. Elle livre dans cette exposition des œuvres donnant à la femme une place centrale. Les récits mythologiques ancestraux sont revisités, faisant de la femme le personne héroïque. Sur une immense toile au fond blanc, deux femmes poignardent un dragon bleu dans un sourire de totale liberté. 

A cette vision de la femme indépendante et combattante se joignent une nudité et une intimité débarrassées des tabous. Le corps est mis à nu, dévoilé de toute part comme sur ce dessin où une femme se tient debout et droite, une arme à la main, sans aucun vêtement.

Le Projet MC1R de Dana-Fiona Armour

Dana-Fiona Armour investit le sous-sol pour donner naissance à un espace où le microcosme devient central. Tout juste arrivés à l’entrée de la première salle que nos oreilles perçoivent ces sons si particuliers, une plainte habituellement inaudible pour l’homme, celle des plantes suspendues dans des cages de verre. Ces Nicotiana Benthamiana en pleine mutation sous l’effet du gène MC1R se développent et subissent la transformation de leur métabolisme. 

Grâce à la réalité virtuelle, Armour nous entraîne au plus profond de cette plante en proposant un voyage au cœur des racines de la Nicotiana Benthamiana. Un slalom étourdissant au milieu de longues tiges entrecroisées. 

Des néons colorés au moment des Épiphanies

Sur les murs, aucun élément ne sort de l’ordinaire. Au contraire, Dan Flavin a fait en sorte de n’utiliser que des matériaux qu’il est possible à chacun de se procurer. Sur les murs, se superposent et s’agencent de multiples néons, aux tailles et couleurs variées. Ces sculptures sont à la fois délimitées par leur matière, par l’espace où elles s’inscrivent tout en étant incroyablement volatiles. La lumière se répand, elle crée son propre espace, créant différentes atmosphères, plus ou moins éblouissantes.

Au fil de la lumière, Entre le crépuscule et le ciel

La lumière est impalpable et pourtant, elle ne cesse de jouer avec nos sens, les trompant, nous faisant percevoir de différentes manières un même élément. Investissant l’étage supérieur, l’artiste Ann Veronica Janssens illumine l’espace en laissant entrer la lumière par toutes les fenêtres. Celle-ci s’infiltre dans la pièce, prenant part aux œuvres exposées. 

Pour cette installation, il suffit de regarder, mais il faut véritablement observer pour pouvoir voir les détails de chaque œuvre. Passer ne suffit pas, car Janssens se tourne vers les formes, le visuel, les jeux optiques. 

 

Il faut se dépêcher d’aller voir la Collection Lambert, ces expositions finissant à la fin de l’été !

Visuel : © Lucine Bastard-Rosset

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