Expos
« Les soeurs de Napoléon, trois destins italiens » au musée Marmottan

« Les soeurs de Napoléon, trois destins italiens » au musée Marmottan

04 octobre 2013 | PAR Géraldine Bretault

En 2014, à l’occasion du bicentenaire de son décès, Joséphine de Beauharnais sera au centre de plusieurs manifestations. En attendant, l’exposition du musée Marmottan consacrée aux sœurs de Napoléon salue le destin de trois jeunes femmes en prise avec leur temps.

[rating=4]

Votre petite fille rêve de robes de princesses et de prince charmant ? Voici une bonne occasion de rétablir quelques vérités. Si le parcours de l’exposition recèle son lot de colifichets, dont un manteau de pourpre, un peigne de corail (réalisé par la manufacture de Naples), un sac à main en cuir ayant appartenu à Pauline, des bijoux et des camées, l’ambition de la commissaire est tout autre : il s’agit ici de montrer comment les trois sœurs de Napoléon Bonaparte l’ont aidé à accomplir son dessein européen.

Ainsi, Elise fut-elle l’artisane, avec son frère Lucien, du rapprochement avec l’Eglise de Rome au moment du Concordat ; Pauline, d’une imparable beauté, fut confiée par son frère en secondes noces au prince romain Camille Borghèse, scellant un rapprochement entre la cour française et cette grande famille italienne profondément républicainre et franchophile ; quant à Caroline, en montant sur le trône de Naples au côté de son époux Murat, elle marqua de son empreinte la vie culturelle du sud de la péninsule.

Pour accueillir cette exposition, le musée Marmottan a subi d’importants remaniements, prélude à un rapprochement annoncé avec la bibliothèque Marmottan. Pour l’heure, les toiles de Monet sont redescendues à l’étage inférieur et l’ensemble des pièces à vivre du rez-de-chaussée vont vivre pendant quelques mois  au rythme de l’Empire. Du point de vue artistique, il est notamment intéressant de confronter le rayonnement du grand portrait à la française avec les toiles italiennes de format plus modeste, ou encore de saisir ce qui distingue un portrait romantique champêtre  des princesses, simplement vêtues de tuniques blanches et de châles en cachemire, de ces monumentaux « portraits de robe » lorsque leurs fonctions exigent qu’elles accomplissent un rôle de représentation.

Le caractère éminement européen de leur destin est également mis en évidence, à travers l’évocation des résidences qu’elles ont occupées et transformées à leur goût, les membres de la société intellectuelle qu’elles parvenaient à attirer dans leurs salons, leurs commandes aux différentes manufactures françaises et italiennes, leurs nombreux voyages.

Enfin, la dernière salle permet de découvrir une toile d’Ingres, longtemps non attribuée puis redécouverte lors d’une restauration en Belgique : ce délicat portrait de Caroline lors de la dernière année de règne de Murat montre bien à la fois la gravité de la jeune femme qui tient son rang, ainsi que le cadre enchanteur de sa villa de Portici, dont la terrasse plantée de citronniers donnait sur la baie de Naples.

Finalement, il se pourrait que les petites filles quittent le musée en gardant leurs rêves intacts…

 

 

Visuels :

Jean-Louis-Victor Viger du Vigneau, dit Hector Viger, La toilette avant le
sacre, vers 1865 © Marseille, musée des Beaux-Arts/Raphaël Chipault-Antonin Soligny

Anonyme, Portrait présumé de Caroline Murat © RMNGP

Manufacture de Sèvres, Jean-François Robert et Jean-Baptiste Gabriel Langlacé,
Déjeuner des vues des environs de Sèvres, 1813 © Patrice Maurin-Berthier

Peigne ayant appartenu à Caroline Murat © Roma Capitale – Sovrintendenza ai Beni Culturali

Sac à main de Pauline Bonaparte © Thierry Jacob

Infos pratiques

Benjamin et ses copains de Vincent Cuvellier
Opéra gratuit à Lyon, une condition : avoir 20 ans !
Géraldine Bretault
Diplômée de l'École du Louvre en histoire de l'art et en muséologie, Géraldine Bretault est conférencière, créatrice et traductrice de contenus culturels. Elle a notamment collaboré avec des institutions culturelles (ICOM, INHA), des musées et des revues d'art et de design. Membre de l'Association des traducteurs littéraires de France, elle a obtenu la certification de l'Ecole de Traduction Littéraire en 2020. Géraldine a rejoint l'aventure de Toute La Culture en 2011, dans les rubriques Danse, Expos et Littérature. Elle a par ailleurs séjourné à Milan (2000) et à New York (2001, 2009-2011), où elle a travaillé en tant que docent au Museum of Arts and Design et au New Museum of Contemporary Art. www.slowculture.fr

Publier un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *


Soutenez Toute La Culture