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Les photographies et les sculptures de Stéphane Daireaux s’exposent à l’Intercontinental

Les photographies et les sculptures de Stéphane Daireaux s’exposent à l’Intercontinental

23 octobre 2014 | PAR Yaël Hirsch

Alors que Stéphane Daireaux s’apprête également à exposer à la prestigieuse foire Kunst de  Zürich à la fin du mois  et à la galerie Rigassi, à partir du 6 novembre, les parisiens peuvent se plonger dans ses photos et – fait exceptionnel- ses sculptures à l’élégant restaurant lounge de l’Intercontinental : le M84. Une plongée délicate dans un univers où poésie, matière et réalisme se confondent et se renforcent.

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« L’image dans mon travail ne s’impose pas, elle naît ainsi doucement à la mémoire des hommes qui alors l’apprivoisent et lui donnent toute sa charge tout son sens, c’est en cela, je pense, que l’œuvre dans sa représentation peut échapper à la terrible question de la reproductibilité ; par son jeu, la surprise et l’espace latent imaginatif qu’elle sous entend« . S. Daireaux.

Venu du monde du décor où il opère aussi bien pour les plus grandes marques de luxe que pour des émissions de télévision, Stéphane Daireaux expérimente avec la matière. Il est connu pour ses photos mélancoliques et aqueuses où le monde s’offre toujours en toute transparence à travers la loupe ou la brume de verres et de pluie. Jouant avec la lumière et l’épaisseur de la matière, ses « vitrophanies » donnent corps à des souvenirs et des visions diluées qui saisissent et apaisent à la fois. Dans le texte qu’il lui avait consacré pour son exposition à l’orangerie de Cachan en 2011, l’écrivain Henri Raczymow expliquait bien l’effet puissant des photos de Stéphane Daireaux en comparant les couches de ses photos à la manière dont fonctionne le souvenir – et l’art- chez Proust : « Superposition des paysages, des regards, des écrans (qui entravent la vision et qui la rendent possible). Un peu comme le souvenir-écran freudien, vrai-faux souvenir, ‘banal’, qui en cache un autre, réel, et plus gênant ».

L’espace lounge élégant du M84 forme comme un cocon autour de ces photographies de plusieurs formats et de plusieurs épaisseurs. D’un mur à l’autre elles se répondent. Et, surtout, elles entrent en résonance avec des œuvres très rarement exposées par l’artiste: ses sculptures. Posées sur le bar, beaucoup plus réalistes (et même humoristiques) que les photos, ces belles pièces sombres de personnages en mouvement fonctionnent elles aussi en couches superposées qui donnent à voir leur genèse. Et quand l’œil passe des sculptures aux photos et vice-versa, quelque chose de fragile et de précieux se dessine, comme un écho du temps qui passe quand on a su le chérir en plusieurs couches de vie pacifiée.

Stéphane Daireaux au M64, en partenariat avec la galerie Younique, jusqu’à janvier 2015, Hôtel InterContinental Paris avenue Marceau, 64 avenue Marceau, 75008 Paris, m° Etoile, entrée libre.

visuels : (c) Stéphane Daireaux.

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Yaël Hirsch
Co-responsable de la rédaction, Yaël est journaliste (carte de presse n° 116976), docteure en sciences-politiques, chargée de cours à Sciences-Po Paris dont elle est diplômée et titulaire d’un DEA en littérature comparée à la Sorbonne. Elle écrit dans toutes les rubriques, avec un fort accent sur les livres et les expositions. Contact : [email protected]

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