Expos

Le nouvel accrochage des Collections Modernes (1905-1965) fait la part belle au poètes et aux critiques au Centre Pompidou

Le nouvel accrochage des Collections Modernes (1905-1965) fait la part belle au poètes et aux critiques au Centre Pompidou

26 mai 2015 | PAR Yaël Hirsch

Ce mardi 26 mai 2015, après trois mois de travaux, la presse était invitée à suivre la visite guidée par Bernard Blistène du nouvel accrochage des collections d’art moderne (1905-1965), au 5ème étage du Centre Pompidou. Si les trésors du Musée sont toujours en place et les « écoles » préservées en petits espaces, quelques grands artistes font « jalon » et les critiques et poètes amis des plasticiens sont à l’honneur avec des sections dédiées à Apollinaire, Bataille, ou Restany… Pas de foudroyante transformation, mais un parcours agréable où apparaissent, ça et là de nouveaux objets… Réouverture des collection le 27 mai !

[rating=4]

Toujours structurées en un long corridor inaugural et trois salles en face, que séparent un couloir parsemé de sculptures, ces collections modernes version 2015 mettent en avant quelques grands « jalons » de l’Histoire d’Art du premier 20ème siècle. Matisse (3 salles), Picasso (2 salles), Kandinsky (2 salles), Giacometti (2 salles) sont ainsi mis en exergue, comme figures de génies individuels, à partir desquels fleurissent les fameuses écoles du 20ème siècle (Fauvisme, cubisme, expressionnisme et nouvelle objectivité, dada et surréaliste – assez brouillons, cobra, art brut,…). Autour de Kandinsky, on voir ainsi fleurir du Malevitch, aussi bien que du Kupka, du Mondrian et les Delaunay.

Certaines habiles combinaisons sont préservées, parfois autour d’une figure de critique ou de poète. Par exemple, Guillaume Apollinaire réunit les artistes dont il a parlés (Braque) et ceux qui lu ont rendu hommages explicitement (De Chirico, Marie Laurencin). De même pour Georges Duthuit, Georges Bataille, Michel Ragon, Pierre Restany…

A partir des années 1940, l’équilibre des écoles, présentées en bouquets autour d’artistes phares, périclite un peu, probablement faute d’assez nombreuses pièces de Pollock ou Warhol… On a alors affaire à des duos (François Morellet / Ellsworth Kelly, Fontana / Yves Klein sur la matière-concept) où une reprise de la présentation des collection par école – avec des pièces majoritairement françaises et américaines : Fluxus, le cinétique, le nouveau réalisme… André Breton et Jean Prouvé se déploient chacun dans une salle ouvrant les arts plastiques « modernes » aux arts premiers et à l’architecture.

Entre deux salles ou autour d’une figure littéraire, l’on fait attention à de nouvelles œuvres comme des dessins de Chagall, des pastels de Carl Henning Pedersen ou des photos de Raoul Haussmann. Enfin, le parcours s’achève par une salle située à la charnière de l’étage contemporain, où des  » focus  » sont possibles, en ce moment, Barnett Newman avec la restauration de Shining Forth (1963).

Si le changement n’est pas radical, la mise en avant d’hommes (pas de femmes !) de plume et la mise en exergue de quelques figures clés poussent la modernité jusqu’à la date (finalement très récente) de 1965. Le nouvelle accrochage resserre les liens géographiques et critiques entre les collections « modernes » et « contemporaines » du Centre Pompidou.

visuels:
ROTHKO, UNTITLED 1964, COLLECTION CENTRE POMPIDOU © KATE ROTHKO PRIZEL & CHRISTOPHER ET ADAGP, PARIS 2015
Jean Prouvé, La maison tropicale, 1951, adagp Paris
Giorgio de Chirico, Portrait prémonitoire de Guillaume Apollinaire, 1914, © Adam Rzepka – Centre Pompidou, MNAM-CCI /Dist. RMN-GP © Adagp, Paris

[Cannes, Hors compétition] Un « Petit Prince » ambitieux, plein d’intelligence et de magie
[Quinzaine des Réalisateurs] «Yakuza Apocalypse », Miike sort l’artillerie lourde dans un film fun et barré
Yaël Hirsch
Co-responsable de la rédaction, Yaël est journaliste (carte de presse n° 116976), docteure en sciences-politiques, chargée de cours à Sciences-Po Paris dont elle est diplômée et titulaire d’un DEA en littérature comparée à la Sorbonne. Elle écrit dans toutes les rubriques, avec un fort accent sur les livres et les expositions. Contact : [email protected]

Publier un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *