Expos

Déambulation nocturne à Lyon pour la Fête des lumières

Déambulation nocturne à Lyon pour la Fête des lumières

11 décembre 2018 | PAR Laetitia Larralde

Du 6 au 8 décembre a eu lieu l’édition 2018 de la Fête des Lumières de Lyon, entre rassemblement populaire et partage culturel.

Depuis 1989, la Fête des Lumières de Lyon illumine la ville est ses bâtiments. Si la tradition des lumignons de la célébration d’origine, spontanément allumés le 8 décembre 1852 en remerciement à la Vierge Marie, est encore perpétuée aujourd’hui, elle n’est plus que l’une des nombreuses installations et expérimentations lumineuses qui s’étendent sur quatre nuits.
L’esprit reste celui d’un évènement populaire, accessible à tous. Mais qui dit populaire ne veut pas nécessairement dire facile. Les projections de Pigments de lumière, de Carole Prunelle et Nuno Maya, auraient pu s’en tenir à l’exercice déjà délicat du mapping. Au lieu de cela, les artistes ont recréé la façade de la cathédrale Saint-Jean en maquette et filmé leurs expérimentations autour des fleurs et de la couleur, pour ensuite les transformer en projection grandeur nature. Les herbes poussent et se faufilent entre les pierres, les pigments et les encres se mélangent à l’eau, les fleurs s’épanouissent autour de la rosace, le tout au rythme d’une bande son instrumentale électronique. L’ambiance est contemplative, comme pour un bon nombre d’œuvres ainsi que pour l’atmosphère générale. Le public déambule paisiblement dans un périmètre restreint pour des raisons de sécurité, entre vendeurs de vin chaud et installations de tailles variées. Malgré une foule importante, la promenade n’est guidée que par la hâte de découvrir la prochaine installation.

La place Bellecour accueille l’une des œuvres aux proportions les plus imposantes : Une petite place pour de grands rêves, de Moetu Batlle et David Passegand. Leurs personnages, déjà apparus sur la gare Saint-Paul pour leur première Fête des Lumières, deux inuits appelés Anooki, transforment la place en grand terrain de jeu enfantin. Les sculptures gonflables hautes de vingt mètres éparpillent leurs billes lumineuses partout pendant que l’un joue avec la statue équestre de Louis XIV et l’autre avec un camion de pompier, avant de se rejoindre sur la grande roue pour la projection d’une animation sur fond de toy music.
Dans la cour de l’Hôtel de Ville, exceptionnellement ouverte, un ballet de lasers s’anime au rythme d’un piano aux accents contemplatifs. Avec Tricolore, l’allemand Ralf Lottig décompose et recompose à loisir les façades du XVII ème siècle, retrace les contours et matérialise l’espace de la cour avec ses maillages et tissages de lumière.
Un peu plus loin, le cloître du musée des Beaux-Arts s’anime au rythme des mélodies jouées par des volontaires au piano, se relayant toutes les quinze minutes. Les touches de l’instrument, via un algorithme, contrôlent les projections lumineuses qui nous entourent et évoluent selon le jeu de l’artiste. Dans l’enceinte protégée du musée, une respiration poétique s’offre à nous.

C’est au total quatre-vingt œuvres qui ont illuminé les nuits de Lyon pour cette édition 2018 de la Fête des Lumières. De la petite bougie posée par les Lyonnais à l’installation très grand format créée pour le Guangzhou international light festival et installée dans les ruines romaines de Fourvière, les propositions sont nombreuses et variées. Tout en gardant le développement durable et la mise en valeur du patrimoine comme lignes directrices, la Fête des Lumières entretient sa volonté de rester à la pointe de l’innovation et d’exporter son savoir-faire à travers le monde.
Nous transformant pour quelques heures en papillons de nuit, voletant d’une lumière à l’autre, les lumières de la ville disputant la vedette aux étoiles, la Fête des Lumières constitue une bulle paisible et scintillante de poésie.

visuel © Fête des Lumières de Lyon

Le musée des civilisations noires ouvre ses portes à Dakar
Maud Geffray : « Oui j’ai joué dans pas mal de musées, seule ou avec Scratch Massive »
Laetitia Larralde
Architecte d'intérieur de formation, auteure de bande dessinée (Tambour battant, le Cri du Magouillat...)et fan absolue du Japon. Certains disent qu'un jour, je resterai là-bas... J'écris sur la bande dessinée, les expositions, et tout ce qui a trait au Japon. www.instagram.com/laetitiaillustration/

Publier un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *