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Bruce Nauman à la Fondation Cartier : tout un parcours en quelques oeuvres

Bruce Nauman à la Fondation Cartier : tout un parcours en quelques oeuvres

21 mars 2015 | PAR Yaël Hirsch

En 6 oeuvres étalées de 1970 à 2015 (dont certaines « performées » pour la première fois en Français), l’artiste américain dit « minimal » américain Bruce Nauman fait un maximum d’effet. Une expo fascinante qui habite à merveille le bâtiment et le jardin conçus par Jean Nouvel.

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A travers les parois de verre de la Fondation cartier, Brua Nauman investit le musée mais aussi la rue. A l’étage : une seule projection monumentale Pencil Lift (2013) où l’artiste essaie de soulever trois mines de crayons ensemble sous l’œil de son, chat, habite la moitié de l’espace et mord en transparence vers l’extérieur: le film peut être vu du trottoir; du jardin, l’on voit les lourds leds de l’écran impressionnant. Dans l’autre partie de ce grand hall, l’oeuvre sonore bilingue For children: Pour les enfants (2015) fait écho à l’installation pianistique For beginners (2010) qui est installée dans le jardin. On est saisi par le répétition et par la réflexion profonde et patiente sur l’apprentissage.

Dans l’ombre bétonnée du rez-de chaussée, Nauman se rapproche de ce que l’on connait mieux de lui en quittant la posture du prof pour nous reparler du temps, de la répétition et de l’état d’angoisse dans lesquelles ces derniers peuvent nous projeter. Le célèbre Caroussel (1988) taillade dans un mouvement cyclique de sabbat les moignons d’animaux originels aux USA. Ca grince, mais on oublie ce bruit sous la voix horrifiée du chanteur Rinde Eckert (Anthro/Socio, 1991) suppliant qu’on le mange, nourrisse, blesse sur 7 écrans de tailles diverses, ajoutant à ce mantra les titres universalisants de disciplines en sciences sociales. Et enfin, on finit là où on avait oublié de commencer sur la double projevtion dansée du temps qui court et qui ne reviendra pas: Depuis 1970 la vidéo sans titre (éractivée à la Biennale de Venise en 2009) de corps mus comme les aiguilles d’une montre n’a rien perdu de sa tranquille urgence à se mouvoir avant qu’il soir trop tard…

Voir 6 œuvres si caractéristiques et si magnifiques de Bruce Nauman dans un espace qui s’y prête aussi bien, c’est un vrai moment de choc et de qui-vive, qui ne se refuse vraiment pas… Jusqu’au 21 juin.

photos : YH

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Yaël Hirsch
Co-responsable de la rédaction, Yaël est journaliste (carte de presse n° 116976), docteure en sciences-politiques, chargée de cours à Sciences-Po Paris dont elle est diplômée et titulaire d’un DEA en littérature comparée à la Sorbonne. Elle écrit dans toutes les rubriques, avec un fort accent sur les livres et les expositions. Contact : [email protected]

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