Actu
Graciela Iturbide à la Fondation Cartier : un merveilleux voyage intitulé Heliotropo 37

Graciela Iturbide à la Fondation Cartier : un merveilleux voyage intitulé Heliotropo 37

11 mai 2022 | PAR Geraldine Elbaz

Jusqu’au 29 mai 2022, la Fondation Cartier pour l’Art Contemporain présente la première rétrospective française consacrée à l’illustre photographe mexicaine Graciela Iturbide, dont la majestueuse scénographie est signée par son fils, l’architecte Mauricio Rocha. Heliotropo 37 offre aux visiteurs plus de 200 clichés pris depuis les années 1970 à nos jours. Du noir et blanc à la couleur, des portraits aux symboles, plongez dans un univers esthétique puissant.

« La vie ne peut être saisie ni par le réalisme ni par le naturalisme, seulement par le rêve, le symbole, la fabulation. » Henry Miller 

En ce mois de mai ensoleillé… et si vous alliez faire un tour à la Fondation Cartier qui abrite en ce moment une exposition d’envergure, dont les œuvres sensibles, poétiques et humanistes sauront vous captiver ? La photographe mexicaine Graciela Iturbide vous présente Heliotropo 37, d’après l’adresse de son studio à Mexico. Mis en scène par son fils Mauricio Rocha, vous découvrirez plus de 200 clichés sur deux étages dans un décor élégant et épuré. 

Accrochés sur de hautes cimaises pourfendues laissant passer la lumière, les cadres au rez-de-chaussée vous offrent des images en noir et blanc et pour la première fois ici, en couleurs. Au sous-sol, engouffrez-vous dans une semi-obscurité propice au recueillement et écoutez le silence autour de vous. Plongez littéralement dans l’œuvre de l’artiste. Observez chaque détail, de chaque photo. Prenez le temps. Heliotropo 37 est un voyage ; la rencontre inédite de deux sensibilités : celle de l’artiste et la vôtre.

Graciela Iturbide, née le 16 mai 1942 à Mexico, est l’aînée de 13 enfants. Issue d’une famille conservatrice, elle se marie à 25 ans puis divorce. Le couple a trois enfants. Après ses études de cinéma, elle suit son mentor Manuel Alvarez Bravo, qui l’initie aux histoires pré-hispaniques de leur pays. L’instant décisif d’Henri Cartier-Bresson est au cœur de sa production photographique. Considérée comme l’une des photographes les plus importantes du Mexique, elle est exposée dans de nombreux pays. Lauréate en 2008 du Prix Hasselblad, elle utilise le prisme photographique comme outil de compréhension du monde. Elle rêve et capture le réel en noir et blanc.

Marquée par la disparition prématurée de sa fille Claudia, elle est obsédée par la mort. Son art se fait cathartique et l’on retrouve en fil rouge de son œuvre la thématique du deuil avec une série de photos d’angelitos (enfants décédés), de rites funéraires et sacrificiels. 

« Il faut explorer en soi-même et dans ce qui nous entoure. » nous dit-elle.

Graciela Iturbide s’intéresse au rapport des hommes à la nature et à la culture, au rôle des femmes dans la société. Elle photographie ce qui la surprend. L’artiste part alors à la rencontre de communautés avec lesquelles elle vit et recherche une certaine complicité avec les personnes qui croisent son chemin. Elle saisit les portraits des populations indigènes mexicaines comme les zapotèques de Juchitan ou les Indiens Seris du désert de Sonora. 

Au fil du temps, les figures humaines disparaissent de ses photographies et le regard se focalise davantage sur les matières, les textures, les animaux, la nature. Les objets s’installent au centre de l’œuvre, s’accumulent, s’amoncellent. Les plans se font davantage en contre-plongée. La lumière embrasse toutes les nuances de noir et de blanc. À la demande de la Fondation Cartier, l’artiste réalise une série de huit clichés exceptionnels en couleurs, où le minéral prend toute la place. 

« En ce moment, c’est le travail sur les éléments qui m’attire. Plutôt qu’une dérive vers l’abstraction, on pourrait peut-être parler d’une plus grande concentration de symboles. » Graciela Iturbide 

Une expérience définitivement envoûtante. 

 

Visuels : (c) Graciela Iturbide

Heliotropo 37

Graciela Iturbide 

Rétrospective à la Fondation Cartier pour l’Art Contemporain 

Jusqu’au 29 mai 2022

Recomposition/décomposition : la playlist
Quand le monde des sorciers s’invite dans le monde réel
Geraldine Elbaz
Passionnée de théâtre, de musique et de littérature, cinéphile aussi, Géraldine Elbaz est curieuse, enthousiaste et parfois… critique.

Publier un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.


Soutenez Toute La Culture