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« Nous les Arbres » : la communauté boisée de la Fondation Cartier

« Nous les Arbres » : la communauté boisée de la Fondation Cartier

13 juillet 2019 | PAR Yaël Hirsch

Alors qu’ils représentent 82% de la biosphère et sont sur terre depuis 385 millions d’années, inviter les arbres comme « des acteurs essentiels de notre monde commun » est le projet de la Fondation Cartier. Sous le commissariat de l’anthropologue Bruce Albert, l’exposition estivale Nous les Arbres mêle réflexions d’artistes et de chercheurs sur ces compagnons clés de l’homme.

Le rez-de-chaussée évoque les interactions et l’espace commun entre l’homme et les arbres. Dans l’espace monumental ouvert sur le jardin, la nature spirituelle de la réalité prend dans l’installation de Luis Zerbini un tour boisé et ordonné, notamment par quatre grands panneaux d’acrylique où la jungle urbaine prend tout son sens. Autour, aux murs, les encres de Joseca, Marcos Ortiz, Clemente Juliuz, Esteban Klassen, Osvaldo Pitoe, Herman Alvarez et Efacio Alvarez, l’huile d’Adriana Varejao, le feutre de Kalepi et Ehuana Yaira ainsi que le film de Fernando Allen et Fredi Casco Comme un poisson dans la forêt, nous mettent face à un primitivisme où les arbres sont omniprésents.

A côté, la fresque sculptée d’Alfonso Tostes interroge le lien entre le bois de l’arbre et les outils de l’homme et son ex voto lie religion et bois. Les huiles et fusains expressionnistes de Fabrice Hyber placent les arbres en piliers de paysages biographiques alors que les témoignages d’humains qui se livrent sur leurs relations aux arbres défilent dans une vidéo recueillie.

Ambiance plus « Forêt tropicale » au sous-sol où un prophète naufragé d’Alex Cerveny nous accueille en forme d’arbre. D’autres toiles de l’artiste représentent des corps humains prenant l’apparence de troncs, feuilles, racines. Mesurant au papier millimétré des silhouettes d’arbres touffus, Johanna Calle nous accueille dans un univers d’ombres enveloppantes. Naturalistes, Cesare Leonardi et Franca Stagi dessinent exactement des arbres à une échelle 1/100 et reprennent des plans de parcs. Feuillues, les photos de Claudia Andujar réinventent les couleurs des sous-bois tandis que Santidio Pereira grave ses arbres pop’ sur bois et Cassio Vasconcellos les siens sur cuivre. Une alcôve nous invite à suivre les recherches et les croquis du botaniste Francis Hallé, qui a passé sa vie à dessiner les arbres, ainsi que les esquisses du biologiste Stefano Mancuso. Les propos des scientifiques entrent en résonance avec les herbiers de Johanna Calle.

En final, l’on retrouve l’installation Exit qui met en garde contre la déforestation et qui a été créée à la fondation Cartier pour l’exposition Terre natale, ailleurs commence ici (2008) sur une idée de Paul Virilio ainsi que le film de Paz Encina sur les arbres et les arômes.

Crée en 1994 par l’artiste Lothar Baumgarten, le jardin de la fondation et ses installations pérennes (Agnès Varda, Giuseppe Penone)s’adjoint pour une semaine dans le Theatrum Botanicum une installation vidéo de Tony Oursler et prolonge naturellement l’exposition.

Visuel : YH

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Yaël Hirsch
Co-responsable de la rédaction, Yaël est journaliste (carte de presse n° 116976), docteure en sciences-politiques, chargée de cours à Sciences-Po Paris dont elle est diplômée et titulaire d’un DEA en littérature comparée à la Sorbonne. Elle écrit dans toutes les rubriques, avec un fort accent sur les livres et les expositions. Contact : [email protected]

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