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« Legacy » à la Grande Arche: rétrospective de « l’écolographe » Yann Arthus-Bertrand

« Legacy » à la Grande Arche: rétrospective de « l’écolographe » Yann Arthus-Bertrand

13 juillet 2019 | PAR Anna Geslin

La Grande Arche consacre pendant cinq mois une rétrospective à l’oeuvre de l’iconique photographe Yann Arthus-Bertrand. L’occasion de revenir sur 50 ans de travail photographique et cinématographique d’un inconditionnel amoureux de la nature…

A peine entré dans la première salle, on remarque directement ce qui a fait la gloire de Yann Arthus-Bertrand: ses photos de vues aériennes. Des paysages exceptionnels comme la caravane de dromadaires aux environs de Nouakchott (Mauritanie) où les ombres des animaux se dessinent sur le sable orange du Sahara; ou encore L’Arbre de Vie, photo d’un acacia dans le parc national de Tsavo East au Kenya, qui frappe par son isolement. Dans ce paysage aride, il est l’unique point de repère des animaux sauvages qui viennent y trouver repos, comme en témoigne la multitude de pistes qui convergent vers l’arbre. Au fil que l’on chemine de photos en photos, on perçoit le regard plein d’humanité de ce « photologiste ». Sa manière de capturer un village sur pilotis aux Philippines, où ses habitants sont connus pour la pêche en apnée, montre une certaine sensibilité. Il rend hommage à ces « Gitans de la mer » qui vivent comme reclus du monde. Avec lui, chaque image est vecteur d’un message puissant, qui nous renvoie à notre condition. Ça n’est jamais un simple regard, mais bien un témoignage de ce qui se passe dans le monde. Yann Arthus-Bertrand, au travers de son art, dénonce aussi les catastrophes écologiques qu’encourt notre planète. Sa photographie d’une mine de charbon aux Etats-Unis est une alerte sur les effets catastrophiques que l’exploitation des énergies fossiles à sur l’environnement, et notamment sur le réchauffement climatique.  

A droite, dans la deuxième salle de l’exposition, on ne se retrouve cette fois plus face à l’immensité des paysages qui ont fait la réputation d’Arthus-Bertrand. C’est la partie des portraits. Ambiance plus joyeuse, chaleureuse, avec une mise en scène des personnages qui fait sourire. Le photographe a voulu rendre hommage à ces hommes et femmes aux métiers qui ont disparu (mineur), qui sont menacés (curé, postier), ou qui sont nouveaux (livreur de pizzas). C’est un étrange patchwork qui mêle monsieur tout le monde à une personnalité publique comme Jean-Paul Gauthier ou Gérard Larcher. Mais tout cela fonctionne assez bien, et nous fait porter un regard assez doux sur notre société. Un espace est aussi dédié aux lions qu’il a tant aimés. On y retrouve des portraits de sa période Kenya de 1979 à 1981, là où finalement tout a commencé, avec ce projet de suivre une famille de lions pendant trois ans, et ses premières photos aériennes… 

Enfin, la salle qui se trouve à gauche, est aussi une série de portraits. Celle-ci est entièrement dédiée aux bovidés et aux chevaux. Des photos d’imposants bovins postés aux côtés de leurs propriétaires, ont quelque chose de fort. On décèle la relation particulière et différente que ces paysans entretiennent avec leurs bêtes. Chez certains on ressent de l’affection, une complicité, tandis que chez d’autres y transparaît une forme d’autorité, de « violence ». Mais de tous ces portraits se dégage la fierté de ces hommes et femmes qui s’efforcent à mettre en valeur leurs animaux sous l’objectif du photographe. Il y a aussi ces chevaux que l’on retrouve un peu partout chez Yann Arthus-Bertrand. Des frisons, lusitaniens, connemaras… Qui posent, ou sont en mouvement. Un auditorium permet aussi de découvrir son travail cinématographique, avec la projection de cinq de ses films.

Cette exposition est aussi l’occasion de monter sur les toits de la Grande Arche, et admirer la superbe vue que nous offre l’édifice…

« Legacy », rétrospective Yann Arthus-Bertrand, La Grande Arche. 

1 Parvis de la Défense, 92800 Puteaux.

Jusqu’au 1 er Décembre 2019 – ouvert de 10:00 à 19:00 (dernière montée 18:30). Réservation ici ! 

© Visuel: Maléfice et des lionceaux, expo « Legacy », Anna Geslin.

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