Arts
Exposition: Femmes Artistes, passions, muses et modèles

Exposition: Femmes Artistes, passions, muses et modèles

26 juin 2012 | PAR Fairouz Guedouar

Du 16 juin au 19 août 2012, dans la Grande Halle du château de Chamerolles vous pourrez découvrir une belle exposition intitulée Femmes Artistes, passions, muses et modèles. Le thème parle de lui-même…

Sylvie Buisson est la commissaire de cette exposition dont le sujet du rôle de la femme dans l’art est une idée qui a mûrie pendant deux ans. En admettant qu’il fallait faire cette exposition et devoir mettre en avant ces femmes de l’art, Sylvie Buisson fit comme un aveu de faiblesse, en effet il ne nous viendrait pas à l’idée de faire une exposition d’hommes artistes… A méditer!

C’est dans une exposition chronologique dans laquelle on entre pour découvrir ces artistes, femmes mais aussi des hommes liés à ces dernières. Notre parcours débute au 17e siècle, durant lequel les prémices d’un mouvement en faveur de l’égalité des femmes naît en France. Elles tentent notamment de revendiquer leur art à travers l’autoportrait, depuis la Renaissance déjà (hors de la France) avec des artistes telle Caterina van Hemessen, qui prouvèrent qu’elles pouvaient se représenter comme les hommes le faisaient. La première artiste française à être reconnue est Louise Moillon, fille et soeur de peintres. On retiendra aussi la première femme à entrer à l’Académie royale de peinture et de sculpture, Catherine Duchemin, peintre de fleurs, ainsi que la flamande Clara Peeters qui apparaît comme la première peintre autodidacte.

 

Clara Peteers, Le repas maigre à la pipe (c.1630) (c) Sylvain Rousseau

 

Il est très intéressant de découvrir et redécouvrir des artistes peu connues à notre époque alors qu’elles étaient célèbres à leur époque, comme Adèle Romany (1769-1846),

On découvre le personnage atypique de Rosa Bonheur à travers la reconstitution de son atelier et l’exposition de certaines de ses oeuvres, comme La jument Margot, le portrait de sa jument vue de dos. C’était une femme qui se mettait à l’égal des hommes qui fut la première femme à recevoir la légion d’honneur. Elle est un personnage relativement moderne pour son époque. Louise Breslau est une artiste qui vaut aussi le détour, elle luttait pour faire reconnaître ces femmes artistes et pour qu’on les représentent dans les galeries afin que leurs oeuvres soient vendues. Elle appartenait à l’Académie privée Julian, très performante à cette époque. Cette académie était privée et elle permit aux femmes de recevoir la même formation que les hommes, bien qu’ils étaient encore séparés.

 

 

Cours de modèle vivant, atelier des garçons, Académie Julian. Vers 1925 © Suddeutsche Zeitung/Rue des Archives

 

Les femmes impressionnistes marquent le début de la modernité et un soupçon de reconnaissance de leur art. On retiendra les oeuvres de Louise Abbéma, grande amie de
la comédienne Sarah Bernhardt, qui travaillait dans des styles novateurs à son époque comme le japonisme mêlé à l’impressionnisme. Son oeuvre Déjeuner dans la serre est la première toile à entrer dans une collection publique (1877 au Musée des Beaux-Arts de Pau). Chronologiquement on retrouve évidemment Louise-Catherine Breslau, Blanche Hoschedé-Monet, Suzanne Valadon, Jacqueline Marval, dont les oeuvres sont particulièrement modernes alors qu’elles datent du début du 20e siècle. Vous pourrez aussi découvrir certaines toiles de Marie Laurencin qui connut un amour passionné pour Apollinaire.

 

Marie LAURENCIN : Jeune fille au nœud rose, c.1920 Aquarelle sur papier 17,5x15cm Signé en bas à gauche Collection particulière © ADAGP, Paris 2012 Cliché Sylvain Rousseau

 

 

Ce qui est très intéressant dans cette exposition est l’accrochage et la présentation d’oeuvres de couples qui traduisent l’influence qu’ils ont les uns sur les autres. On retrouve le couple Rodin/Claudel d’abord maître et élève puis amants, ainsi que les mythiques Modigliani/Jeanne Hébuterne mais aussi Zadkine/Valentine Prax et Picasso/Françoise Gilot.

 

L’influence des artistes russes et des pays de l’Est en général est aussi très intéressante à découvrir. En effet beaucoup de Russes avaient rejoint Montparnasse avant la guerre et y ont demeuré. Cette « colonie russe » créa une ambiance à Paris, propice aux rencontres. Des couples se formèrent comme celui de Sonia Tjerk et Robert Delaunay. Leur apport dans l’art est notable, des idées futuristes apparaissent, ainsi que de nouvelles formes et l’émergence des couleurs chaudes comme le rouge et le vert. C’est une révolution pour la peinture occidentale! Allez voir les peintures hautes en couleurs de Natalia Gontcharnova et d’Alice Halicka.

Les oeuvres de la famille Klein clôturent l’exposition. On découvre alors La Vague, d’Yves Klein, une sculpture de bronze sur laquelle résines et pigments purs adhèrent, parmi une série d’autres oeuvres d’art contemporain familiale.

L’exposition « Femmes Artistes, passions, muses et modèles » nous illustre l’histoire des femmes dans l’univers de l’art. Ce sont aussi à travers des histoires d’amour que l’on redécouvre des artistes et que l’on prend conscience de l’influence de ces hommes et de ces femmes aux destins hors du commun parfois tragique. Entrez dans ce parcours et lisez à travers une soixantaine d’oeuvres cette histoire.

Les sorties ciné de la semaine du 27 juin
Dans le livre de David Foenkinos se cache Nespresso !
Fairouz Guedouar

Publier un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *