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Monet/Rothko : deux géants de la couleur au Musée des impressionnismes de Giverny

Monet/Rothko : deux géants de la couleur au Musée des impressionnismes de Giverny

09 mai 2022 | PAR Yaël Hirsch

Jusqu’au 3 juillet, au Musée des impressionnismes de Giverny, l’exposition Monet/Rothko propose une confrontation entre les deux grands maîtres et, à travers eux, une réflexion sur les liens entre impressionnisme tardif et expressionnisme abstrait. L’occasion rare de voir l’impressionnisme tardif et la naissance de l’abstraction et de découvrir rassemblées six toiles de Rothko et sept de Monet.

« Rothko est un admirateur inconscient de Monet », nous disait Cyrille Sciamma, commissaire de l’exposition et directeur général du Musée des impressionnismes de Giverny, dans l’interview qu’il nous accordait juste avant l’ouverture de l’exposition. En effet, même si, lors d’un bref séjour à Paris, l’artiste américain d’origine russe voit Les Nymphéas, il n’y a pas de citation directe. Et c’est toute l’originalité de ce premier duo au Musée des impressionnismes que de nous plonger dans leurs correspondances essentielles.

A la faveur d’une scénographie extrêmement bien pensée et qui nous fait circuler dans trois salles comme on marcherait sur une grande toile, en regardant le dernier Monet à l’aune de Rothko, l’on se plonge avec plus d’attention que jamais dans la spiritualité de son travail. Les touches de brume sur Londres, le vert et l’ocre tombant de la verdure de Giverny transportent vers quelque chose de très intérieur. Surtout, Saule pleureur, du début des années 1920, nous paraît quasiment abstrait. Et, à regarder rassemblés à Giverny des Rothko venus de musées américains et de collections particulières, l’on découvre de nouveaux éléments dans l’abstraction : on rêve le pont de Monet dans le Red on pink on pink (1957) et redécouvre le vert « impressionniste » du Untitled de 1957, venu de la National Gallery de Washington.

Dans chacun des espaces, ce sont donc les couleurs qui entrent en écho et nous invitent à une méditation profonde, tandis que de nombreux éléments biographiques nous permettent de nous orienter et de nous documenter. La comparaison de la commande de la Rothko Chapel de Houston résonne évidemment avec Les Nymphéas de l’Orangerie. Cette déambulation éclairée est une exposition majeure, qui fait dialoguer deux grands maîtres de la peinture comme jamais.

Visuels ©

Affiche avec Mark Rothko (1903-1970) Light Red over Black, 1957 Huile sur toile, 230,6 × 152,7 cm Londres, Tate purchased 1959, T00275 © 1998 by Kate Rothko Prizel & Christopher Rothko – ADAGP, Paris, 2022 / Photo : Tate Claude Monet (1840-1926)

Saule pleureur, entre 1920 et 1922, Huile sur toile, 110 x 100 cm Paris, musée d’Orsay, donation de Philippe Meyer, 2000, RF 2000-21 © RMN-Grand Palais (musée d’Orsay) / Adrien Didierjean

Mark Rothko (1903-1970) Untitled , 1957, Huile sur toile, 247,3 x 207,8 cm, Washington, National Gallery of Art, Gift of the Mark Rothko Foundation, Inc., 1986, 1986.43.141 © 1998 by Kate Rothko Prizel & Christopher Rothko – ADAGP, Paris, 2022 Photo

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Yaël Hirsch
Co-responsable de la rédaction, Yaël est journaliste (carte de presse n° 116976), docteure en sciences-politiques, chargée de cours à Sciences-Po Paris dont elle est diplômée et titulaire d’un DEA en littérature comparée à la Sorbonne. Elle écrit dans toutes les rubriques, avec un fort accent sur les livres et les expositions. Contact : [email protected]

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