Arts
Dans l’intimité du XIXe siècle au Musée de la vie Romantique

Dans l’intimité du XIXe siècle au Musée de la vie Romantique

10 septembre 2012 | PAR Amelie Blaustein Niddam

Un écrin pour des écrins, cela pourrait résumer la charmante exposition qui s’ouvre aujourd’hui au Musée de la vie romantique. Intérieurs romantiques, Aquarelles 1829-1890 nous plonge dans l’intimité de la high society européenne de ces années-là.

L’exposition, si elle parait brève est en fait un événement. D’abord par son existence même puisqu’elle fait écho à une autre organisée en 2008 au Cooper-Hewitt, National Design Muséum, New-York. C’est donc un partenariat très chic qui nous permet d’entrer dans la collection de Eugène V. Taw, mécène au gout sur, qui a rassemblé de formidables aquarelles. A Paris, c’est quatre-vingt-dix vues d’intérieur que l’on peut désirer et déguster.

Une vue d’intérieur, voilà bien deux termes qui semblent antinomiques, au contraire de ce que nous apprennent ces instantanés du quotidien de ces riches européens est que l’intérieur est un témoignage de l’extérieur. L’une des plus belles toiles de l’exposition, qui est aussi l’affiche de celle-ci, illustre parfaitement cela. Il s’agit du Salon de Musique de Fanny Hensel, la talentueuse sœur, totalement oubliée de Felix Mendelssohn. On y découvre un intérieur où contraste un parquet avec des murs chargés de peintures. Une vaste lumière entre par les porte-fenêtres. Comme dans toutes les toiles exposées, on trouve un art du détail extrêmement minutieux. Autre chef d’œuvre, Le salon de l’artiste sur le lac Constance par Louise Cochelet offre un paysage très contemporain. Sa chambre est épurée et la lumière se fait sourde. Malgré l’exiguïté des lieux, l’espace semble bien plus vaste que dans le salon immense du Hall Place, Leigh, près de Tonbridge, Kent où siège dans un mobilier riche de caissons un immense orgue à gaine. Chez Louise Cochelet, c’est dehors qu’il faut chercher la dentelle de la cathédrale gothique.

On a le sentiment en regardant chaque toile d’entrer dans une maison de poupée dont on viole l’intimité. C’est voyeurs que nous parcourons les salles en enfilade du musée magnifique, voyeurs nous poussons une porte qui nous amène dans le jardin à une autre salle où il faudra emprunter un petit escalier. C’est dire si le lieu sied parfaitement au sujet. La finesse d’exécution de la majeure partie des aquarelles laisse pantois. Rien ne manque, et on craque sur le divin service à thé d’Un salon dans le gout Empire d’Hilaire Thierry. Cela tombe bien, le plus joli salon de thé de la capitale se cache ici derrière quelques arbres…

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Amelie Blaustein Niddam
C'est après avoir étudié le management interculturel à Sciences-Po Aix-en-Provence, et obtenu le titre de Docteur en Histoire, qu'Amélie s'est engagée au service du spectacle vivant contemporain d'abord comme chargée de diffusion puis aujourd'hui comme journaliste ( carte de presse 116715) et rédactrice en chef adjointe auprès de Toute La Culture. Son terrain de jeu est centré sur le théâtre, la danse et la performance. [email protected]

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