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Une liste rouge d’œuvres irakiennes en péril dévoilée par l’ICOM

Une liste rouge d’œuvres irakiennes en péril dévoilée par l’ICOM

04 juin 2015 | PAR Flora Vandenesch

Le Conseil international des musées, l’ICOM, a publié une « liste rouge d’urgence des biens culturels irakiens en péril » ce lundi 1er juin. Cette initiative a permis de mettre à jour un nouvel outil pour lutter contre le trafic de biens sortis illégalement de leur territoire et faire face aux nombreuses atteintes perpétrées au Moyen-Orient depuis l’offensive de l’État islamique. Une première liste avait été publiée en 2003, après le saccage du musée de Bagdad et les vols des œuvres de l’ancienne Mésopotamie.

Des tablettes d’écriture cunéiforme en argile ou en pierre, des mosaïques, des bijoux, des éléments architecturaux (frises ou mosaïques), des récipients, des accessoires ou encore des monnaies. L’ensemble des biens couvre une période allant de la Mésopotamie ancienne, -10 000 ans avant JC, jusqu’aux règnes ottoman et mamelouk, au 16e au 19e siècle après JC. 6 000 ans d’histoire et de tradition sont menacés de disparition.

L’organisation de l’Etat islamique pille tout ce qui est à sa portée et se sert de réseaux mafieux pour alimenter le trafic illicite des œuvres d’art. Ce trafic est l’une de ses principales ressources financières, après le pétrole. La liste rouge publiée par l’ICOM permettra aux polices, aux services de contrôle aux frontières et aux experts de repérer les biens dérobés en vente chez les antiquaires et sur les sites internet. Cela permettrait de freiner, voire d’empêcher leur exportation illégale sur le marché de l’art.

Anne-Catherine Robert-Hauglustaine, directrice générale de l’Icom, déplore une situation dramatique : « nous avons une avancée de l’Etat islamique qui nous fait craindre une prise beaucoup plus importante et nous sommes en train de parler d’une prise à un niveau politique. Donc ce n’est plus seulement des villes qui sont en danger, ce sont des zones complètes. Nous parlons beaucoup de Palmyre pour le moment, mais nous avons aussi la nécessité de faire une protection sur les sites archéologiques avoisinants. Enormément d’objets sont menacés. Il est vrai que les objets de petite taille, comme la numismatique, sont malheureusement très faciles à déplacer. Nous avons aussi connaissance de fouilles archéologiques liées à ces zones là, pour lesquelles ces objets sont en train de disparaître ».

Visuel : CC

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Flora Vandenesch

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